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L’Assemblée nationale transformée avec 67 nouveaux députés

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Soixante-sept des 125 députés qui feront leur entrée à l’Assemblée nationale, à la reprise des travaux, n’y auront jamais siégé. Un nombre qui, dans l’histoire du Québec, n’a été surpassé qu’en 1976, lors du premier mandat majoritaire du Parti québécois.

En effet, il faut remonter au premier mandat de René Lévesque à la tête du Québec pour observer un tel changement dans la députation. À l’époque, l’Assemblée nationale avait accueilli 79 nouveaux députés, soit 72 % des sièges.

Lundi, le renouvellement des députés a été plus modeste, quoique historiquement spectaculaire ; 71 des candidats élus – ou 57 % de la chambre – n’étaient pas députés lors de la dissolution de la chambre en août dernier.

Quatre d’entre eux ont cependant déjà été députés par le passé, soit Marguerite Blais, Christian Dubé, Sylvain Lévesque et Jean-François Simard, tous élus sous la bannière de la Coalition avenir Québec.

Si une partie du phénomène s’explique par un nombre important de députés péquistes et libéraux battus, il faut souligner que 32 députés avaient déjà choisi de ne pas se représenter, un nombre dépassé seulement en 1994 (33).

Les nouveaux chez la CAQ

C’est naturellement la formation de François Legault qui accueillera le plus de « petits nouveaux » lors de la prochaine rentrée parlementaire. Le parti ajoutera 54 nouveaux membres à sa famille, une progression fulgurante.

Heureusement, le nouveau premier ministre pourra compter sur des joueurs d’expérience, puisque tous les députés de la CAQ qui ont sollicité un nouveau mandat, soit 20 élus, ont obtenu à nouveau la confiance de leurs électeurs.

Moins expérimentée

Proportionnellement, c’est cependant Québec solidaire qui héritera de la députation la moins expérimentée.

Huit des dix nouveaux députés (80 %) n’ont jamais été élus à l’Assemblée nationale.

Seuls les co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé auront une certaine expérience parlementaire.

Malgré la débâcle, le Parti libéral du Québec pourra se vanter d’avoir l’équipe la plus expérimentée, puisque 24 de ses élus étaient députés à la dissolution de la chambre, contre 20 pour la CAQ.

Ironiquement, le chef Philippe Couillard n’a cessé de marteler qu’il offrirait aux Québécois une équipe jeune et renouvelée.

Pour sa part, le PQ n’a fait élire qu’un seul nouveau député, soit Joël Arseneau, aux Îles-de-la-Madeleine.

 

Formation offerte

À noter que les nouveaux élus recevront tous une formation offerte par l’Assemblée nationale, qui inclura notamment des informations sur leurs conditions de travail, le fonctionnement de leur bureau de circonscription et les services offerts à l’Assemblée nationale.

Legault, doyen de l'Assemblée nationale

JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS/JOURNAL DE QUÉBEC

Le premier ministre élu, François Legault, devient également doyen de l’Assemblée nationale.

Le chef caquiste a été élu pour la première fois en novembre 1998.

Avec la défaite du péquiste Sylvain Pagé dans Labelle, il est devenu mardi le doyen du parlement.

C’est lui qui y siège depuis le plus grand nombre d’années.

Le chef caquiste n’aura toutefois pas le titre officiel de doyen, puisqu’un règlement empêche les chefs de groupes parlementaires de se voir décerner ce titre.

Taux de renouvellement des députés depuis 1976

  • 2018 — 56,8 %
  • 2014 — 35,2 %
  • 2012 — 32,0 %
  • 2008 — 39,2 %
  • 2007 — 44,8 %
  • 2003 — 38,4 %
  • 1998 — 20,0 %
  • 1994 — 50,4 %
  • 1989 — 27,2 %
  • 1985 — 51,6 %
  • 1981 — 36,1 %
  • 1976 — 71,8 %

Nombre de nouveaux députés, comparativement à la dissolution le 23 août

CAQ : 54/74 = 73 %

PLQ : 8/32 = 28 %

QS : 8/10 = 80 %

PQ : 1/9 = 11 %

Total : 71/125 = 57 % (67/125 ou 54 % si on ne considère pas les anciens députés qui font un retour).