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Les 3000 cerfs seront abattus

La ferme où a été décelée la maladie du cerf fou devra faire décontaminer 10 pouces de terre

Le cheptel de Harpur Farms est situé près d’un ruisseau et de la rivière Rouge. On sait que la maladie peut se transmettre par l’eau ou par le sol.
Photo d'archives Le cheptel de Harpur Farms est situé près d’un ruisseau et de la rivière Rouge. On sait que la maladie peut se transmettre par l’eau ou par le sol.

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GRENVILLE-SUR-LA-ROUGE | Ottawa abattra les 3000 cerfs rouges de l’élevage des Laurentides où a été détectée une maladie qui tue les animaux en quelques mois et qui pourrait se transmettre aux humains.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec a confirmé hier que la décision d’éliminer tout le cheptel de la compagnie Harpur Farms a été prise. « On a reçu des informations à cet effet et on est en attente des procédures », a expliqué Yohan Dallaire Boily du MAPAQ.

Les animaux seront tués progressivement.

Ils seront testés pour savoir s’ils sont porteurs de la maladie. Si oui, leur carcasse devra être disposée dans un site spécialisé.

En plus d’abattre tout le cheptel, le fédéral pourrait exiger que la ferme Harpur Farms de Grenville-sur-la-Rouge enlève 10 pouces de terre sur certaines parties de son terrain.

La terre sera envoyée dans un site d’enfouissement de matière à risque, a confirmé Elmehdi Haddou, vétérinaire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Risque zéro

« Le risque zéro n’existe pas. On ne va jamais éradiquer la protéine et la maladie. On veut la contrôler », a dit M. Haddou.

C’est dans cette ferme que la maladie débilitante chronique du cervidé a été décelée pour la première fois au Québec au début du mois passé.

Cette maladie se compare à la maladie de la vache folle. Elle est extrêmement résistante. Quand elle réussit à se transmettre dans la nature, il est pratiquement impossible de s’en débarrasser.

À ce jour, aucun cas humain de la maladie n’a été documenté.

Du Minnesota ?

Toutefois, il n’est pas exclu que le pathogène puisse passer la barrière des espèces et s’adapter à l’organisme humain, comme l’ont fait les prions à l’origine de la maladie de la vache folle, selon des chercheurs du gouvernement fédéral.

Une source au sein du gouvernement fédéral confirme que la maladie pourrait être arrivée au Québec depuis l’État du Minnesota.

Harpur Farms y possède une ferme qui a été infectée en 2012 (voir carte). « C’est l’une des thèses sérieuses envisagées par le gouvernement, mais il y en a d’autres », a expliqué une source anonyme du gouvernement fédéral.

La carte montre l’État du Minnesota, où la maladie a été décelée en 2012 dans une ferme. C’est cette souche qui pourrait avoir infecté la ferme du Québec. Les points sont les endroits où la maladie sévit (points rouges) et où elle était présente (points jaunes) en Amérique du Nord.
La carte montre l’État du Minnesota, où la maladie a été décelée en 2012 dans une ferme. C’est cette souche qui pourrait avoir infecté la ferme du Québec. Les points sont les endroits où la maladie sévit (points rouges) et où elle était présente (points jaunes) en Amérique du Nord.

Ça ne veut pas dire que la maladie est arrivée avec un animal infecté. Elle peut avoir été transmise par des bottes ou des vêtements contaminés, dit le Dr Haddou.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments serait en discussion avec Harpur Farms en ce moment à propos des compensations financières pour les animaux non contaminés qui seront abattus.

Compensation

Le montant des compensations n’est pas encore déterminé.

Il y a 10 jours, le gouvernement a interdit la chasse dans une zone de 400 km2 autour de la ferme.

Mais Le Journal a pu constater que des animaux en liberté sont en contact avec les animaux en captivité puisqu’il n’y a pas de double clôture autour de la ferme.

La maladie du cerf fou

  • ​Il s’agit d’une maladie mortelle, semblable à la vache folle, qui fait des ravages dans les populations de cerfs dans l’Ouest canadien et américain.
  • ​Cette maladie se traduit par des troubles dégénératifs progressifs, rares et fatals du cerveau.
  • ​Actuellement incurables, ils sont dus aux transformations d’une protéine appelée prion.
  • ​Le cerveau des humains et des animaux atteints d’une maladie à prion subit des lésions qui entraînent une dégénérescence du système nerveux central.
  • Indestructible, la protéine responsable de la maladie se propage dans les excréments, les fluides corporels et par contact direct. La propagation peut se faire par l’eau ou de la terre contaminée.

– Avec Anne-Caroline Desplanques