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Même en congé, les policiers ne devraient jamais fumer du cannabis, selon le chef du SPVQ

Robert Pigeon, chef du Service de police de la Ville de Quebec
Photo Stevens Leblanc Robert Pigeon, chef du Service de police de la Ville de Quebec

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Qu’ils soient en congé, en vacances, à la maison ou au chalet, les policiers de la Ville de Québec devraient «s’abstenir de consommer du cannabis» en tout temps, selon le chef du SPVQ, Robert Pigeon.

Même si le cannabis deviendra légal pour tous les citoyens d’âge adulte au pays, le 17 octobre prochain, le chef du service de police de Québec estime que les agents sous ses ordres ne devraient pas se laisser tenter par cette substance, en aucune circonstance.

Bien entendu, au travail, il est impensable qu’un patrouilleur ou un enquêteur soit sous l’effet de cette drogue. «Aucun policier du SPVQ ne peut rentrer au travail sous l’effet du cannabis comme c’est déjà le cas avec l’alcool ou autres composantes qui pourraient affecter leur jugement», a-t-il d’abord expliqué lors d’une séance plénière à l’hôtel de ville, au sujet du cannabis, vendredi matin.

Le chef est ensuite allé beaucoup plus loin, disant souhaiter que les policiers ne fassent pas usage de cannabis dans leur vie privée.

«Moi, comme chef de police, je considère que ce n’est pas parce que quelque chose est rendu légal qu’il est complètement inoffensif. Je souhaite qu’aucun de mes policiers ou policières commence à consommer du cannabis à partir du 17 octobre. Je considère qu’un policier devrait s’abstenir de consommer du cannabis», a-t-il déclaré.

Un «engagement moral»

Interrogé par les journalistes à l’issue de la séance plénière, le chef Pigeon a confirmé qu’il s’agissait pour lui d’une question de «valeurs». Il n’a pas l’intention d’imposer des tests de dépistage aux policiers et n’envisage pas non plus de sanctions pour ceux qui franchiront la ligne dans leurs loisirs personnels. Mais il tenait de toute évidence à passer un message à ses troupes.

«On est dans un contexte d’engagement moral», a-t-il précisé. «Tout le monde connaît très bien ma position parmi les policiers.»

«Le premier outil de travail d’un policier, c’est son jugement, c’est sa capacité de prendre des décisions dans un environnement parfois très ambigu donc j’ai besoin de policiers qui sont en santé et c’est dans ce contexte-là que je souhaite qu’aucun d’entre eux ne fume du cannabis», a-t-il expliqué.

Effets à long terme?

Le chef du SPVQ, qui dit n’avoir personnellement jamais consommé de cannabis, a laissé sous-entendre qu’il redoutait ses effets à long terme sur la capacité de jugement des policiers.

«Pour moi, le cannabis est quelque chose qui n’est pas si bien connu que ça parce que ça se passait dans l’illégalité avant. Les recherches à cet effet-là ne sont pas si précises que ça. Maintenant que ça va être légalisé, je pense que les corps médicaux et les universités vont se pencher sur les causes à effet du cannabis dans l’organisme, notamment sur le jugement des personnes.»