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Hausse de décès de piétons en deux ans

La SAAQ lançait vendredi une campagne de sensibilisation

Hausse de décès de piétons en deux ans
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La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a lancé vendredi sa dixième campagne de sensibilisation dédiée aux piétons depuis 2007 alors que le nombre de décès augmente au Québec depuis deux ans.

« Il faut agir parce que les chiffres sont préoccupants », dit Mario Vaillancourt, porte-parole de la SAAQ.

En 2017, 2697 piétons ont été impliqués dans des accidents et 69 en sont morts. C’était sept de plus qu’en 2016 et 25 de plus qu’en 2015.

Pour la première moitié de 2018, quatre piétons de plus ont été frappés mortellement par rapport à l’an dernier.

La SAAQ a donc mis le paquet à l’occasion du « Mois du piéton » : vidéos sur le web, publicité à la télévision, affichage dans les abribus et animations sur les réseaux sociaux.

Olivier Labonté LeMoyne, réalisateur de l’animation interactive projetée hier par la SAAQ dans un abribus de Montréal. « L’objectif est de surprendre les piétons », dit-il.
Photo Matthieu Payen
Olivier Labonté LeMoyne, réalisateur de l’animation interactive projetée hier par la SAAQ dans un abribus de Montréal. « L’objectif est de surprendre les piétons », dit-il.

Vendredi, un écran interactif a même été installé dans un abribus à l’angle des boulevards Saint-Laurent et René-Lévesque, à Montréal. Les passants peuvent se voir sous forme de squelettes brutalement happés par une auto.

« C’est une façon novatrice de toucher les gens. Ça lance tout un message parce que personne ne veut vivre ça », affirme M. Vaillancourt, qui précise que le projet a coûté 750 000 $.

« Je ne comprends pas l’intérêt de ces campagnes. Ce n’est pas la sensibilisation qui protège les piétons », réagit le professeur Patrick Morency, spécialiste des traumatismes routiers à la Direction de santé publique.

Peu utile ?

Selon le médecin, ce type d’opération n’a d’intérêt que pour faire connaître au public une nouvelle problématique.

« Je ne crois pas qu’au Québec quelqu’un ignore que c’est grave de se faire frapper par une auto », dit-il.

M. Morency estime qu’il serait plus utile de pousser les organismes publics à installer des aménagements routiers, comme des traverses et des feux de circulation, ou à réduire la limite de vitesse permise.

M. Vaillancourt reconnaît que la sensibilisation n’est pas suffisante pour améliorer le bilan routier.

« Il faut également améliorer la législation et amplifier les contrôles routiers, dit-il. Mais nous pensons que ça a un impact, puisque le bilan s’est quand même amélioré depuis 10 ans. »

 

Piétons décédés au Québec

  • 2011: 71
  • 2012: 55
  • 2013: 65
  • 2014: 50
  • 2015: 44
  • 2016: 62
  • 2017: 69
  • 2018*: 40

*jusqu’au 1er juillet