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Pièges à ours pour François Legault

Françoise David, Michael Fortier et Gérard Bouchard s’en sont donné à cœur joie dans La Presse.
Photos d’archives Françoise David, Michael Fortier et Gérard Bouchard s’en sont donné à cœur joie dans La Presse.

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Le premier ministre désigné François Legault n’a même pas eu le temps de perdre le large sourire qu’il a arboré au soir de sa victoire éclatante que des pièges à ours se sont refermés sur lui.

Marine Le Pen du Rassemblement national (autrefois Front national) lui a donné le baiser de la mort en vantant sa politique « anti-immigration ».

Le tweet de la dirigeante du parti d’extrême­­­ droite française a été immédiatement rejeté par François Legault.

Ce dernier ne devrait pas se surprendre cependant qu’en Europe, le terme « nationaliste » soit entièrement pollué par l’histoire d’un continent qui a été dévasté au nom du nationalisme inspirateur du fascisme.

Le premier ministre devra donc se rendre en Europe, et en France d’abord, le pays avec lequel le Québec a des liens historiques et diplomatiques, pour remettre les pendules à l’heure.

Sermonneurs

Trois sermonneurs s’en sont donné à cœur joie hier dans La Presse. D’abord Françoise David, qui met en lumière le fait que plus de 60 % des Québécois n’ont pas voté pour la CAQ. Ce calcul, pernicieux à souhait, pour démontrer que « le gouvernement est majoritaire avec moins de 40 % des voix », laisse entendre que la CAQ est en manque de légitimité.

Or, la diversité des partis ne permet plus d’obtenir des scores de 60 %. QS souhaite une réforme profonde du système électoral, qui ne sera pas la réforme qu’avait promise François Legault­­­. L’ex-dirigeante de QS, avec sa vision idéologique, exige du premier ministre désigné « un projet collectif qui nous tire en avant », alors que le projet économique des solidaires, adeptes du contrôle de l’État, ferait régresser le Québec et l’entraînerait dans le chaos.

Michael Fortier, le second sermonneur, s’adresse à François Legault, le doyen de l’Assemblée nationale, comme à un débutant en politique, alors que le court passage de Fortier au Parti conservateur n’a laissé aucune trace. En effet, il a été nommé ministre par Stephen Harper sans passer par une élection, et quand il a essayé de se faire élire, il a été battu.

Inepties

Michael Fortier, le prêchi-prêcha, conseille au premier ministre désigné de s’enquérir des compétences des personnes qu’il nommera et lui conseille aussi de « protéger les nouveaux ministres qui trébucheront ». On croit aussi rêver lorsqu’il demande à François Legault de nous épargner « l’arrogance et la suffisance des gouvernements majoritaires ». On se pince quand on lit pareilles inepties. Et quand on constate le mépris de ce représentant d’une élite au-dessus du petit peuple. Et dire qu’on croyait s’être débarrassés des curés qui sermonnaient leurs ouailles du haut de leur chaire.

Quant à Gérard Bouchard, l’intellectuel incapable de quitter sa posture empreinte de fatuité, il conclut qu’avec cette élection « la CAQ s’amène au pouvoir sans disposer d’une marche à suivre basée sur quelques axes encadrant son action (sic) ». Pas un mot sur la proposition d’interdire les signes religieux que la commission Bouchard-Taylor avait proposée. Curieux, n’est-ce pas ?

L’élection de lundi, qui en a soulagé plusieurs, dérange à l’évidence nos sermonneurs patentés.