/weekend
Navigation

Bienvenue en enfer

<b><i>Le Mars Club</i></b><br>
Rachel Kushner<br>
Aux Éditions Stock, 480 pages
Photo courtoisie Le Mars Club
Rachel Kushner
Aux Éditions Stock, 480 pages

Coup d'oeil sur cet article

En lice pour le Man Booker Prize et pour le prix Médicis dans la catégorie Romans étrangers, ce nouveau Rachel Kushner fait vraiment partie des livres de la rentrée à découvrir.

Un roman qu’on aurait bien aimé pouvoir lire plus tôt, sa date de parution ayant été reportée à plusieurs reprises. Mais l’attente en valait la peine, car on a tout de suite été plongé dans un univers dont on entend relativement peu souvent parler ailleurs qu’au petit écran : celui des prisons pour femmes.

Condamnée à perpétuité pour un crime qu’on préfère vous laisser le soin de découvrir – du coup, si possible, évitez de jeter un œil au résumé figurant au dos du livre ! –, Romy Leslie Hall, une ex-camée et strip-teaseuse de 29 ans, sera transférée au centre correctionnel de Stanville, en Californie. Et alors qu’elle pensait avoir déjà connu le pire en vendant son corps dans les quartiers les plus malfamés de San Francisco, elle ne tardera pas à comprendre que cette fois, elle a carrément atterri dans l’antichambre de l’enfer, humiliations en tous genres et conditions de vie particulièrement dégradantes régissant désormais son quotidien.

Jamais sans mon fils

Aussi sordide soit-il, Romy acceptera cependant son sort en pensant jour et nuit à son adorable gamin de sept ans, qui mène désormais une existence très tranquille aux côtés de sa grand-mère. Mais également frappée par la malchance, cette grand-mère ne pourra malheureusement pas subvenir très longtemps aux besoins du petit Jackson, et dès l’instant où Romy l’apprendra, plus rien ne pourra l’empêcher d’écarter les barreaux de sa cellule dans l’espoir de découvrir ce qui est arrivé à son fils.

Une histoire peu banale qui dépeint crûment le système carcéral américain et qui, contrairement à la télésérie Orange is the New Black, a réussi à nous remuer jusqu’aux tripes.

Frissons garantis

Maudite !

<b><i>Maudite !</i></b><br>
Denis Zott, aux Éditions  Hugo, 416 pages
Photo courtoisie
Maudite !
Denis Zott, aux Éditions Hugo, 416 pages

 

Sincèrement, c’est un roman noir qu’on pensait ne pas du tout aimer. Parce qu’il s’ouvre sur un match de foot (un sport qu’on n’apprécie pas particulièrement) et parce que l’essentiel du récit repose sur un énième vol de drogue. Mais après avoir lu seulement quelques pages, on y était déjà accro. Alors on efface tout et on reprend depuis le début : sincèrement, c’est un roman noir qu’on a adoré. On vous explique maintenant pourquoi.

Un malheur après l’autre

Pendant le match de foot et peu avant le vol de drogue, il y a Luce, une ado de 16 ans enceinte de jumeaux. Manque de chance (et de discernement !), elle les a fabriqués avec Tony Beretta, alias la Légende, un petit dealer des bas-fonds de Marseille tellement crétin, macho, sadique et violent que Luce finira par mettre le feu à son appartement en échappant de justesse aux flammes grâce à l’intervention des pompiers, qui la transporteront directement à l’hôpital... avec tout le fric et la came qu’elle a pu trouver. À partir de là, les choses dégénéreront évidemment à la vitesse grand V, car en plus d’avoir Tony à ses trousses, une bande de flics ripoux tentera elle aussi de mettre la main sur son butin. Une lecture coup-de-poing qui nous a tenus réveillés jusqu’aux petites heures.

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

Cette maison est la tienne

Fatima Farheen Mirza, aux Éditions Calmann-Lévy, 468 pages
Photo courtoisie
Fatima Farheen Mirza, aux Éditions Calmann-Lévy, 468 pages

 

Même si elles ont toujours vécu en Californie, Hadia et sa sœur Huda ont été élevées dans le respect des coutumes et des traditions chiites, leurs parents étant tous deux originaires de l’Inde. Au fil des pages, on entrera ainsi peu à peu dans l’intimité de cette famille qui, trois ans plus tôt, a vécu un drame lorsque son plus jeune membre a préféré l’abandonner pour aller vivre de son côté. Un beau roman.


L’avancée de la nuit

Jakuta Alikavazovic, aux Éditions Points, 288 pages
Photo courtoisie
Jakuta Alikavazovic, aux Éditions Points, 288 pages

 

L’an dernier, c’est l’un des livres de la rentrée qui a beaucoup fait parler de lui : sélectionné pour le prix Femina et le prix Médicis, il a fini par être nommé « Révélation française 2017 » par le magazine Lire. En gros, il raconte l’histoire d’un étudiant en architecture qui tombera follement amoureux d’une jeune femme dont la mère a disparu à Sarajevo pendant la guerre. Un peu dur à lire, mais excellent.


Les spermatozoïdes tournent toujours à droite

Nathan H. Lents, aux Éditions de l’Homme, 320 pages
Photo courtoisie
Nathan H. Lents, aux Éditions de l’Homme, 320 pages

 

Le corps humain est loin d’être aussi parfait qu’on le pense. Enseignant la biologie cellulaire et la biologie moléculaire, l’Américain Nathan H. Lents se charge d’ailleurs de le prouver en faisant le tour de tous nos petits défauts de fabrication (os inutiles, sinus favorisant l’écoulement du mucus vers le haut, nerf récurrent trois fois trop long, etc.). Un livre fascinant qu’on devrait tous s’empresser de lire.


Bocaux et conserves à l’ancienne

Françoise Zimmer, aux Éditions Rustica, 160 pages
Photo courtoisie
Françoise Zimmer, aux Éditions Rustica, 160 pages

 

Un bon truc pour manger fruits et légumes du jardin tout l’hiver ? Les conserves. Et grâce à ce livre, on découvrira très vite toutes les techniques pour avoir poivrons grillés à l’huile d’olive, chutney de poires, ketchup maison, haricots verts au naturel, courgettes confites, ail en saumure, chou rouge mariné, pêches au sirop ou pruneaux au vin épicé jusqu’au printemps.