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Simple et rapide: le vote secret à l’Assemblée nationale

«Une mesure simple et rapide d’injecter dans cette institution une dose de démocratie.»
Photo d'archives, Simon Clark «Une mesure simple et rapide d’injecter dans cette institution une dose de démocratie.»

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Cette fin de campagne électorale plutôt morose a vu réapparaître, une fois de plus, la question d’une réforme du mode de scrutin. Si la proposition est d’une grande valeur, il faut toutefois garder à l’esprit qu’il n’y a pas de mode de scrutin parfait ; ils ont tous leurs forces et leurs travers, le système parlementaire inclus.

Ensuite, il ne faut pas croire qu’une réforme du système électoral va automatiquement réformer les politiciens et leurs partis. C’est comme imaginer que la courroie de direction cessera de « crier » simplement parce qu’on a installé à sa voiture quatre pneus neufs ; ce n’est pas le système électoral qui fait la fougue des candidats et la beauté de leurs projets.

Mais il y a peut-être d’autres voies qui permettraient d’améliorer notre démocratie sans tout chambarder.

Le vote blanc

Déjà, si le vote blanc était comptabilisé comme tel ou si nous avions la possibilité de voter pour « aucun de ces candidats », il serait alors possible de mesurer la légitimité réelle d’un candidat élu, voire d’un parti.

Imaginez la marge de manœuvre d’un député dont 35 % du suffrage est constitué de votes annulés. Mais aujourd’hui, la façon de faire le décompte des voix permet aux députés, parfois, de prétendre à une légitimité qu’ils n’ont pas toujours.

Et le taux de participation sera peut-être plus élevé si les électeurs savent que leur rejet des partis sera entendu et compté.

Ensuite, ne serait-il pas souhaitable d’affranchir les travaux de l’Assemblée nationale de l’emprise de la ligne de parti en imposant le vote secret ? Car actuellement, notre Assemblée est plus partisane que nationale.

Le vote secret pourrait donc avoir un effet libérateur pour de nombreux députés muselés qui, au quotidien, entendent les espérances de leurs électeurs, mais n’ont (toujours) pas le droit de les retransmettre à l’Assemblée nationale.

Certes, le vote secret n’est pas une panacée non plus : un député pourra toujours voter comme bon lui semble, avec ou contre la ligne de son parti. Mais le vote secret lui donne à tout moment une plus grande marge de manœuvre.

Une dose de démocratie

Quant aux citoyens, avec le vote secret, ils savent que leurs représentations auprès de leurs députés sont susceptibles d’avoir plus d’impact. Pour les partis, le vote secret les obligera à être plus attentifs aux préoccupations de leur députation, et donc des citoyens.

Ainsi, et sans être la solution parfaite, le vote secret à l’Assemblée nationale constitue une mesure simple et rapide d’injecter dans cette institution une dose de démocratie.

Malheureusement, avec un gouvernement majoritaire, ce n’est pas demain que les choses vont changer...

Rémi Guertin Ph.D. est géographe et auteur

 

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