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Dynamitage illégal d’Hydro-Québec dans les Laurentides

La société d’État a ainsi contaminé trois cours d’eau à Saint-Adolphe-d’Howard

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Hydro-Québec a dynamité illégalement une portion d’une montagne des Laurentides, contaminant une rivière et deux lacs, d’après un rapport obtenu par Le Journal.

La société d’État a « porté atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort de l’être humain » et a « causé du dommage ou de porter autrement préjudice à la qualité de l’environnement, aux écosystèmes, aux espèces vivantes et aux biens ».

C’est ce qu’indique un rapport d’inspection du Centre de contrôle environnemental du Québec daté du 12 septembre et obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Le document fait référence à un chantier situé à Saint-Adolphe-d’Howard où Hydro-Québec implante actuellement des pylônes sur le flanc escarpé d’une montagne dans le but d’y faire passer une ligne de haute tension. Les travaux ont provoqué six coulées de boue durant l’été.

Le 30 août, après un sixième incident, Hydro-Québec a affirmé au Journal que la coulée de boue était attribuable à un violent orage. Celui-ci avait fait céder des barrières à sédiments placées sur le chantier pour retenir la terre.

Mais le rapport d’inspection indique que les barrières à sédiments insuffisantes ne sont pas les seules en cause.

Sans autorisation

L’inspectrice Sandra Veilleux a découvert que, pour implanter une des pattes de son pylône, Hydro-Québec a effectué des « travaux de dynamitage » sur la rive d’un cours d’eau, sans autorisation.

Le cours d’eau alimente le lac de la Baguette (appelé la rivière Baguette dans le rapport) qui se jette dans les lacs Massie et des Trois Frères.

« La rive a complètement été recouverte de roches projetées par le dynamitage », écrit l’inspectrice.

Le dynamitage « dénature complètement la topographie et la nature [faune et flore] du milieu » et « peut influencer l’hydrologie lors des périodes de crues », explique-t-elle.

Elle ajoute que « les roches projetées sont susceptibles d’apporter des contaminants suite au sautage par explosifs risquant d’être lessivés vers le littoral ».

Camp de vacances

Or, un camp de vacances pour enfants pompe l’eau du lac des Trois Frères à moins de trois kilomètres du lieu du dynamitage pour alimenter les douches.

À la suite d’une coulée de boue survenue en juillet, un responsable du camp a indiqué à l’inspectrice Veilleux que les filtres de sa pompe à eau se sont couverts de boue.

Le ministère de l’Environnement a imposé une amende de 5000 $ à Hydro-Québec et n’écarte pas un nouveau recours pour protéger l’environnement.

Malgré tout, la société d’État veut poursuivre le dynamitage qu’elle a dû suspendre et attend l’autorisation du ministère pour procéder.

Son porte-parole Maxence Huard-Lefebvre indique que cette méthode est inévitable compte tenu de l’ampleur des travaux et de la nature des sols.