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Apprendre le pouvoir

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Les élections ont eu lieu il y a une semaine seulement et on se surprend déjà à ressentir qu’on évolue dans un climat politique différent.

En régime parlementaire britannique, les transitions sont courtes. Aux États-Unis ou au Mexique, il faut plusieurs mois avant que le nouveau gouvernement puisse saisir les manettes de l’État.

Hier, on apprenait que le premier ministre François Legault présenterait son conseil des ministres dans neuf jours. Un cabinet dont on promet qu’il sera paritaire et compétent, sans réitérer l’engagement qu’il sera léger. À 74 députés, il est bien possible qu’on parle autant des déçus que des élus lorsque viendra le temps de commenter les choix du chef.

Mécaniquement

Le gouvernement Legault, pas encore né, s’amuse déjà à raccourcir la durée de sa lune de miel en s’avançant très vite sur la question de la laïcité. Déjà dimanche, des manifestants antiracistes réclamaient sa démission, signe que la compréhension des principes de la démocratie représentative n’est pas donnée à tout le monde.

Le soir même à Tout le monde en parle, on voyait Geneviève Guilbault, voix et visage de la transition, répéter mécaniquement les messages de sa direction, face à une Marwah Rizqy, partisane comme seule une bonne rouge sait l’être, cherchant à la faire trébucher. L’apprentissage du pouvoir ne sera pas facile.

Pas élégant

Il faudra s’attendre à ça, pour les six, douze, dix-huit ou même vingt-quatre mois à venir, avec le gouvernement de la CAQ. Des gens pas si rompus à l’exercice politique que ça se formeront à leur nouveau métier sous nos yeux.

Ce ne sera pas toujours élégant. On se demandera comment on a pu voter pour ça. Les pancartes s’agiteront devant le parlement, Jean Charest pourrait vous le rappeler.

Ainsi va la politique. Ainsi vont les changements de gouvernement.