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Des citoyens s’organisent contre le Club Med dans Charlevoix

Le déboisement en vue du futur site dénoncé

« Ici dans Charlevoix, il y a une rareté de ce peuplement forestier, surtout d’arbres anciens comme ça », affirme François Lessard, forestier de métier, qui déplore que des arbres centenaires soient abattus par le promoteur. 
Photo courtoisie « Ici dans Charlevoix, il y a une rareté de ce peuplement forestier, surtout d’arbres anciens comme ça », affirme François Lessard, forestier de métier, qui déplore que des arbres centenaires soient abattus par le promoteur. 

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Un groupe de citoyens s’organise dans Charlevoix pour dénoncer ce qu’ils qualifient de «coupe à blanc», survenue sur le site du futur Club Med pendant le congé de l’Action de grâce.

En quelques jours à peine, le groupe appelé «Charlevoix, mieux sans Club Med» a recueilli plus de 200 membres.

Ils dénoncent notamment les travaux de déboisement, qui ont eu lieu sur le site qui accueillera le Club Med en décembre 2020. Selon Stéphane Chaîné, aménagiste à la MRC de Charlevoix, le Massif -promoteur du projet- a obtenu la permission de déboiser une superficie de 10,25 hectares.

Un «massacre»

«C’est odieux je n’ai pas d’autres mots», s’insurge François Lessard. Le résident de Baie-Saint-Paul s’est d’ailleurs rendu sur place pour constater les «dégâts», lundi. «Dorénavant, ce lundi-là, je vais l’appeler le massacre de l’Action de grâce», déplore le forestier de métier, alors que plusieurs érables abattus étaient âgés selon ses estimations de près de 300 ans. «Ici dans Charlevoix, il y a une rareté de ce peuplement forestier, surtout d’arbres anciens comme ça», poursuit-il.

«On questionne la manière dont [le déboisement] se fait actuellement», s’insurge pour sa part Cassandre Lessard, autre membre du groupe, qui compte se faire entendre au cours des prochains jours.

Rencontre critiquée

Une «rencontre citoyenne» est par ailleurs prévue à la fin de l’automne par le promoteur, afin de faire «une mise à jour des travaux». Une initiative qui arrive toutefois «trop tard», estiment certains citoyens. «Ils font une présentation après avoir saccagé la forêt. Selon moi, c’est un coup de gueule du groupe le Massif», affirme M. Lessard.

Après le déboisement, le reboisement

Questionnée par Le Journal, la porte-parole du Massif de Charlevoix affirme avoir obtenu tous les permis nécessaires pour réaliser ces travaux de déboisement. «Les gens parlent beaucoup de déboisement, mais le déboisement vient avec un reboisement», précise Katherine Laflamme. Impossible toutefois de savoir quand et comment s’amorceront ces travaux de reboisement.

Les détails des travaux effectués et à venir seront ainsi dévoilés lors d’un point de presse prévu à la fin de l’automne, a-t-elle affirmé.

«Pas de panique»

De son côté, le maire de la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François tient à calmer la colère des citoyens et affirme qu’il n’y a «pas de panique à y avoir». «On a fait le choix de recevoir un Club Med à Petite-Rivière, sur un territoire du Massif qui est complètement boisé. Comment fait-on pour installer un hôtel de 300 chambres si on ne coupe pas d’arbres?» illustre-t-il.

Aucun groupe environnemental n’a voulu commenter le dossier, mardi.