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Faire de la production laitière une business rentable au Québec

La Ferme Drapeau et Bélanger a investi près de 20 millions $ dans sa productivité

La Ferme Drapeau et Bélanger a investi massivement pour être en mesure d’affronter les nouvelles réalités du marché. Sur la photo, Dominic Drapeau et Célia Neault, qui incarnent la troisième génération de l’entreprise familiale qui compte 1450 vaches.
Photo courtoisie La Ferme Drapeau et Bélanger a investi massivement pour être en mesure d’affronter les nouvelles réalités du marché. Sur la photo, Dominic Drapeau et Célia Neault, qui incarnent la troisième génération de l’entreprise familiale qui compte 1450 vaches.

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Le nouvel accord avec les États-Unis et le Mexique pourrait inciter les fermes québécoises à évoluer vers un nouveau modèle, comme celui adopté par la Ferme Drapeau et Bélanger, qui est l’un des plus importants producteurs de lait du Québec, avec 1450 vaches et l’objectif de faire monter son cheptel à 3000.

Depuis cinq ans, l’entreprise a investi près de 20 M$ dans l’achat de quotas, de machinerie, de terres et d’équipements et elle prévoit un autre 6 M$ au cours de la prochaine année.

« On est dans le groupe qui va de l’avant », affirme Dominic Drapeau, vice-président.

Malgré tout, M. Drapeau ne cache pas que la semaine dernière a été difficile pour l’ensemble des producteurs laitiers du Québec, y compris pour lui-même.

« Ce qui est décevant, c’est la troisième fois qu’on écope dans les accords internationaux. »

La ferme de troisième génération de Sainte-Françoise, dans la région du Centre-du-Québec, produit annuellement neuf millions de litres de lait.

Le même langage

« On est en mode expansion depuis vingt ans. À la base, on est des entrepreneurs. On aime améliorer les choses et regarder en avant pour relever les défis. C’est dans notre ADN », exprime M. Drapeau qui exploite la ferme avec ses parents, Michel Drapeau et Sylvie Bélanger, et sa conjointe, Célia Neault.

Le producteur parle le langage des affaires, un discours qui plaît aux financiers, dont la Banque de Montréal qui soutient les projets d’expansion de l’entreprise.

« En ayant accès à la technologie, on est capable de produire de manière plus efficace pour améliorer notre coût de production. Notre objectif, c’est de continuer à offrir des produits de qualité, autant pour les consommateurs que pour les transformateurs. »

Un changement qui s’impose

Selon M. Drapeau, le changement du modèle d’affaires des fermes au Québec est déjà en marche, bien qu’il existera toujours de la place pour la ferme traditionnelle, dit-il, puisque les « Costco peuvent aussi cohabiter avec les commerces de proximité ».

« Le Québec est la province où la ferme moyenne est la plus petite au Canada. Je ne veux pas dire que l’avenir est juste pour les fermes de plus grande taille, mais je suis d’avis qu’il y a un changement qui va s’effectuer quand même. »

L’imposition de normes de plus en plus rigoureuses a déjà permis de faire un tri parmi les producteurs.

« Aujourd’hui, il faut être sérieux. Ça prend un plan et des mises à niveau. »

Même si le chemin risque d’être parsemé d’embûches, les propriétaires maintiennent le cap puisque l’entreprise compte doubler son cheptel d’ici dix ans.