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Rapport du GIEC: fin de la récréation

Rapport du GIEC: fin de la récréation
Futura-Sciences

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La fin de semaine dernière, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a sonné la fin de la récréation. Il est allé plus loin qu’à l’habitude: «Pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5ºC, il faudrait “modifier rapidement, radicalement et de manière inédite tous les aspects de la société”.»

Le Secrétaire général de l’ONU a d’ailleurs déclaré à la suite du rapport «qu’il n’y a pas de temps à perdre», rappelant que ce n’est pas impossible d’atteindre cet objectif si «une action pour le climat, urgente, sans précédent, et collective, dans tous les domaines» est entreprise.

Comme je l’écrivais pendant la dernière campagne électorale, cela implique de «revoir nos manières de produire les biens et services que nous consommons tous les jours». Revoir notre façon de nous déplacer, de nous loger, de nous nourrir, de nous divertir, etc., bref de vivre au quotidien.

Première étape: réduire les émissions de GES

Pour éviter que la situation n’empire, voire qu’elle devienne irréversible, il nous faut globalement réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère de près de la moitié (45%) de ce qu’elles étaient en 2010. Et il faut faire cela avant 2030, soit dans douze ans seulement.

Ça urge donc.

C’est impossible si nous continuons de nous promener chacun dans notre bagnole le matin. Si nous continuons de produire du maïs et du soya vendus à la Bourse de Chicago. Si nous continuons de nous expatrier en banlieue en empiétant sur les terres agricoles. Si nous continuons de décaper nos forêts et de vider notre sous-sol pour satisfaire nos voisins qui nous renvoient des biens de consommation que nous changeons une fois aux 10 ans, sinon parfois même annuellement.

Deuxième étape: la neutralité carbone

D’ici 2050, soit dans moins de 35 ans, quand nos enfants seront adultes à leur tour, il nous faut cesser d’émettre plus de CO2 dans l’atmosphère que l’on peut en retirer. C’est ça la neutralité carbone.

Ainsi, cela signifie ne plus produire de GES autres que ceux qui ne peuvent être substitués ou dont on ne peut nous passer (ex.: l’aviation... et encore là!).

C’est illusoire si nous ne changeons pas notre façon de voir notre place sur la planète. À l’heure de ce dernier rapport du GIEC, on ne peut plus ignorer que nous vivons en interrelation et que les choix des uns affectent la vie des autres.

Comment faire alors?

C’est l’ensemble de la société mondiale qui doit changer. Le GIEC le dit clairement: pour réduire de façon importante les émissions de GES, et en priorité les émissions de CO2, il faut entamer «une transition rapide et de grande portée en matière d’énergies, d’usage des sols, de transports, bâtiments et systèmes industriels».

Heureusement, des mesures sont déjà en cours dans le monde. Il faut simplement accélérer la cadence. Au Québec, c’est aussi le cas quand on pense aux projets de développement du transport en commun à Montréal et à Québec par exemple.

Mais d’autres mesures, que certains durant la dernière campagne électorale ont qualifiées de «radicales», deviennent essentielles. Comme la fin des véhicules à essence. Ou la fin de l’exploitation des hydrocarbures. Une politique zéro-déchets. Des bâtiments à énergie positive faits au Québec. La production de biocarburants. Et la fin du mazout et du charbon.

Et Maintenant?

Vous vous en douterez, ces exemples sont des propositions de Québec solidaire, contenues dans son plan de transition économique mis de l’avant durant la dernière campagne électorale.

À différentes occasions au cours du dernier mois, le nouveau premier ministre, François Legault, a indiqué son ouverture aux propositions en environnement de la co-porte-parole solidaire, Manon Massé.

Une porte-parole de la CAQ a réagi hier au rapport du GIEC en rappelant l’engagement de son parti «à respecter les objectifs de réduction des gaz à effets de serre adoptés par la communauté internationale».

Mais on le voit aujourd’hui, avec ce même rapport, il ne suffit plus d’essayer de respecter ces objectifs, il faut aller plus loin encore.

Le GIEC confirme en effet que si seulement les objectifs de l’accord de Paris de 2015 sont respectés, le réchauffement de la planète sera de 3ºC d’ici la fin du siècle.

Où logera donc le nouveau gouvernement? Répondra-t-il présent aux défis lancés par le GIEC aux États du monde entier? S’il veut changer la face du Québec d’ici quatre ans, voilà une belle occasion de le faire.