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Sommet de la Francophonie: Michaëlle Jean perd ses soutiens au pays

Québec et Ottawa se rallient à la candidature de sa rivale à l’OIF

Michaëlle Jean ne sera vraisemblablement pas renommée secrétaire générale de l’OIF.
Photo d'archives, Agence QMI Michaëlle Jean ne sera vraisemblablement pas renommée secrétaire générale de l’OIF.

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OTTAWA | Le fédéral et Québec délaissent Michaëlle Jean et se rallieront à la candidature de sa rivale rwandaise pour le poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie.

Avec la perte des appuis de taille d’Ottawa et de Québec mardi, le mandat de secrétaire générale parfois controversé de Mme Jean à la tête de l’organisation mondiale ne sera vraisemblablement pas renouvelé cette semaine.

Vendredi, les 54 pays membres de l’OIF devraient annoncer qu’ils sont arrivés à un consensus pour nommer Louise Mushikiwabo, actuelle ministre des Affaires étrangères au Rwanda, au poste de secrétaire générale. Elle jouit déjà de l’appui d’un front commun unissant notamment les pays africains et la France.

Jusqu’à récemment, Mme Jean bénéficiait de l’appui du Canada et du Québec. Mais dans les dernières semaines, il était clair que ce soutien s’effritait alors que la victoire de Mme Jean semblait de moins en moins probable.

La ministre de la Francophonie Mélanie Joly a annoncé mardi que le Canada appuierait finalement sa rivale. Le premier ministre élu du Québec, François Legault, a emboîté le pas.

Plaire aux alliés

Rappelons qu’au fil des derniers mois, notre Bureau d’enquête a révélé plusieurs décisions financières de l’OIF sous Mme Jean qui ont suscité la controverse, notamment des dépenses de rénovation pour un appartement parisien.

Une source bien au fait du dossier a expliqué au Journal que la décision du Canada de se rallier à Mme Mushikiwabo était notamment pour éviter de froisser des alliés de taille, notamment la France. Elle a également indiqué que Mme Jean n’avait pas réussi à entretenir de bonnes relations avec l’Élysée.

D’autant plus que le Canada veut l’appui de ses alliés pour d’autres postes internationaux qu’il lorgne.

« Il faut être stratégique dans la façon de prioriser nos dossiers. Une place parmi le conseil de sécurité [où siège déjà la France] de l’ONU est certainement un dossier prioritaire », a expliqué cette source.

Échange québécois

Une source québécoise a indiqué au Journal que le gouvernement du Québec a commencé il y a déjà quelques mois à envisager la défaite de Mme Jean.

Constatant que le poste de secrétaire générale pourrait lui échapper, les autorités québécoises ont voulu préserver leurs intérêts.

Récemment, les noms de deux candidats québécois ont été soumis à Ottawa pour le poste d’administrateur au sein de l’OIF, après celui de secrétaire général.

Une deuxième source a confirmé les discussions, en insistant sur le fait que cela se fait « conjointement ».