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Le syndrome de SLĀV

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François Legault passait parfois pour être « brouillon ». Maintenant qu’il est premier ministre désigné, il se montre mieux préparé. En une semaine à peine, il pose déjà les premiers jalons de sa gouverne. À preuve, l’annonce de deux projets de loi majeurs à venir.

Un sur la laïcité. L’autre pour mettre fin aux nominations partisanes. Deux dossiers litigieux qui traînent depuis longtemps. Ce faisant, il occupe aussi deux terrains politiques cruciaux : l’identité et l’intégrité. Sur l’interdiction des signes religieux touchant notamment les juges, policiers, gardiens de prison et enseignants, le processus sera néanmoins long.

Sur son dénouement, je persiste et signe. Le tout débouchera sans nul doute sur une version, disons, plus accommodante. Une conclusion hautement souhaitable.

L’impossible dialogue

D’ici là, des manifs contre, il y en aura. Manifester est un droit fondamental. La manif tenue dimanche à Montréal a cependant raté le coche. En couvrant la CAQ et son chef de la pire accusation qui soit – « racistes ! » –, ces opposants ont versé dans ce que j’appelle le syndrome de SLĀV.

Cet été, des opposants à ce spectacle de Robert Lepage l’avaient accusé de racisme. Or, autant pour ce dernier que pour le gouvernement élu, cette charge est dénuée de tout fondement. Ce qui, inéluctablement, rend tout dialogue impossible.

Syndrome de Couillard

Dans un cas comme dans l’autre, il est tout à fait légitime qu’il y ait des opposants. L’important serait qu’ils s’en expliquent rationnellement. Traiter les gens de racistes quand c’est mensonger ne mène nulle part. En Occident, on ne manque pourtant pas de vrais racistes. Inutile d’en inventer des faux pour défendre un point de vue.

Quand ils lancent ces insultes suprêmes, ces opposants se discréditent d’office eux-mêmes. En cela, on pourrait dire qu’en plus du syndrome de SLĀV, le syndrome de Couillard les guette tout autant. Sur ces questions sensibles, lui aussi préférait l’insulte à la discussion...