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Le point rouge: l’étincelle

Mario Roberge et Jacques Demers
Photo d'archives, Pierre Vidricaire Mario Roberge et Jacques Demers

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Plusieurs moments et petits gestes ont marqué le parcours éliminatoire du Canadien au printemps 1993. Celui impliquant Mario Roberge au centre de la glace du Forum lors du troisième match face aux Nordiques est l’un de ceux-là.

En retard 0-2 dans cette série de première ronde, même s’il n’était pas de l’alignement, le robuste attaquant avait participé à l’échauffement à la demande du capitaine Guy Carbonneau. Sa mission était bien simple, mais remplie de signification. Il avait le mandat de protéger le point de mise en jeu central où le gardien du fleurdelisé, Ron Hextall, venait constamment donner un coup de patin pour assouvir l’une de ses nombreuses superstitions.

L’attaquant québécois, qui ne reculait devant rien, s’y était planté pour défendre son territoire.

« Le fameux point rouge, a-t-il raconté avec bonne humeur. Les gens ne réalisent pas toutes les superstitions. Ron n’avait que des superstitions. Je l’avais analysé. Je l’attendais de pied ferme. Je lui avais laissé savoir que c’était mon point rouge, a ajouté celui qui avait allègrement distribué les coups de bâtons à l’époque. Ç’a stimulé les troupes.

« Ce que j’ai senti quand je suis rentré dans la chambre après cet échauffement, je ne l’ai jamais ressenti par la suite. Les gars étaient transportés. Ç’a été un déclenchement incroyable. On a gagné les quatre matchs pour gagner la série. Nous étions invincibles. C’était une étincelle. Il y a eu un déclic. »

11 victoires consécutives

Serait-ce le moment décisif des séries puisque l’équipe ne pouvait se permettre d’échapper un autre match contre les grands rivaux de Québec ? « Je ne suis pas prêt à dire que c’est ça qui a fait gagner l’équipe, mais chose certaine, ça n’a pas nui », a répondu celui qui avait disputé trois matchs durant la danse printanière.

Il importe toutefois de souligner qu’après cet affrontement au centre, le CH avait remporté 11 matchs de suite, éliminant les Sabres de Buffalo en quatre matchs et les Islanders de New York en cinq rencontres.

Encore aujourd’hui, cette séquence est la meilleure de l’histoire de la LNH en séries, à égalité avec les Blackhawks de Chicago de 1992 et les Bruins de Boston de 1992 également.

Mais le Tricolore détient toujours le record du nombre de matchs remportés en prolongation durant un parcours éliminatoire, soit 10. Les Ducks d’Anaheim avaient flirté avec cette marque au printemps 2003 en freinant le compteur à neuf avant de tomber face aux Devils du New Jersey.

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