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Bonne fête PQ?

René Lévesque
Photo d'archives René Lévesque

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Le 11 octobre 1968, commençait le congrès de fondation du Parti québécois. Il célèbre aujourd’hui ses cinquante ans, et pour le dire poliment, il ne les fête pas en très bon état.

Il n’en demeure pas moins nécessaire de revenir sur l’histoire de ce parti et sur ce que pourrait être son avenir.

Gauche

La grande figure du PQ, c’est René Lévesque. Tout le monde devrait le savoir, mais les jeunes générations s’imaginent que cet homme exceptionnel est enfermé dans l’époque de la télé en noir et blanc. René Lévesque est pourtant l’homme qui a incarné le mieux notre désir d’affirmation nationale. Dans un pays qui ne mépriserait pas son passé, il serait admiré.

Le PQ n’a pas inventé l’idée d’indépendance, qui traverse notre histoire depuis plus de deux siècles. Au vingtième siècle, elle resurgit à la fin des années 1910. Elle apparaît dans notre vie politique au tout début de la Révolution tranquille, comme si les deux étaient indissociables. Mais il faudra que le PQ s’en empare, en 1968, pour en faire l’idée centrale du débat public.

Surtout, le PQ s’est constitué à la manière d’une coalition. Il est né de l’union féconde entre le Mouvement souveraineté-association de René Lévesque et du Ralliement national de Gilles Grégoire, un parti nationaliste de droite. Catherine Fournier, la talentueuse jeune députée de Marie-Victorin, le rappelait dimanche soir à Tout le monde en parle, en disant que son parti rassemblait des souverainistes de gauche et de droite.

Hélas, le PQ n’a pas toujours été à la hauteur de ses idéaux. Le parti de coalition s’est souvent campé à gauche, comme s’il était d’abord progressiste avant d’être souverainiste. Comme j’aime dire, il préférait perdre 100 votes à droite qu’un vote à gauche. Il s’est progressivement fait larguer par les classes moyennes francophones. Dans bien des régions, il est désormais quatrième. Il devra de nouveau leur parler.

Depuis le dernier référendum, le PQ a aussi incarné le paradoxe d’un parti souverainiste mal à l’aise avec ce qu’on appelle aujourd’hui « l’identitaire ». Le PQ a même flirté plus d’une fois avec le multiculturalisme à la Trudeau. À tout le moins, il était tétanisé par le politiquement correct. Résultat : la CAQ a occupé à sa place ce créneau essentiel, ce qui a joué un grand rôle dans sa victoire. Le PQ peut-il renouer avec ce sujet ?

Indépendance

Enfin, le PQ s’est montré bien inconstant dans la quête de l’indépendance et traitait souvent son propre idéal comme un boulet. C’était, pour le dire poliment, terriblement contre-productif. Sur le fond des choses, ce parti a échoué dans sa mission historique. Peut-il renaître ?

Coincé entre l’autonomisme de centre-droit de la CAQ et la gauche radicale de QS, le PQ ne devra pas se replier dans un centrisme tiède, mais incarner un nationalisme indépendantiste décomplexé, assumant pleinement l’identité québécoise, en remettant la question nationale à l’ordre du jour, tout en l’adaptant à notre époque.