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Francophonie: critiquée sur les droits de l’homme, l’Arabie saoudite retire sa candidature

Francophonie: critiquée sur les droits de l’homme, l’Arabie saoudite retire sa candidature

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L’Arabie saoudite a retiré sa demande d’adhésion à la Francophonie après avoir suscité une levée de boucliers, accusée notamment de violations des droits de l’homme, a annoncé aujourd'hui l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’OIF devait étudier la candidature saoudienne cet après-midi, alors qu'on s'interroge sur la disparition mystérieuse, en Turquie, du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, très critique envers le pouvoir saoudien.

Le royaume a fait parvenir à l’OIF, au premier jour de son sommet à Erevan, un courrier demandant «le report» de la demande d’adhésion, a indiqué à l’AFP Bertin Leblanc, porte-parole du secrétariat de cette organisation.

Cette demande d’adhésion en tant que simple membre observateur, donc sans droit de vote, avait suscité de vives critiques au sein de la Francophonie. Les opposants à l'adhésion de l'Arabie saoudite ont souligné le rapport lointain qu’entretient le pays avec la langue française, mais également ses violations répétées des droits de l’homme, selon des ONG.

L’OIF réunit 84 États et gouvernements qui, bien qu'«ayant le français en partage», comptent parfois peu de francophones, comme la Moldavie (2 % de francophones), l’Égypte ou la Bulgarie (3 % chacune), selon les derniers chiffres de l’OIF. L’Ukraine ou l’Uruguay ne comptent pour leur part que 0,1 % de locuteurs français et ne sont que des membres «observateurs» de l'OIF. Actuellement, un tiers des pays de l’organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

Les Émirats arabes unis sont déjà un observateur de l’OIF, tandis que le Qatar est «membre associé», un stade supérieur qui permet de participer à davantage de réunions mais qui, cependant, ne donne pas le droit de vote.

La candidature saoudienne avait déjà été déposée en 2016, mais l’OIF, embarrassée, avait alors décidé de surseoir à sa décision, estimant le dossier incomplet. Une mission avait alors été envoyée sur place, notamment pour constater la situation du français dans le royaume. Son rapport, non diffusé, devait être discuté cet après-midi par l’OIF.

La candidature était notamment soutenue par le Maroc et le Sénégal, mais combattue par le Canada, deuxième bailleur de fonds de l’OIF, dont l’ambassadeur à Riyad a été expulsé début août après l’envoi d’un «tweet» du ministère canadien des Affaires étrangères appelant l’Arabie à libérer des militants des droits de l’homme récemment arrêtés.

Après le retrait de l’Arabie saoudite, l’OIF doit encore étudier d'autres demandes d’adhésion: celles de l’Irlande et de Malte, qui comptent respectivement 12 % et 13 % de francophones, selon l’OIF, ainsi que celle de la Gambie, petit pays largement anglophone, mais entouré de pays francophones, et enfin celle de la Louisiane. 

Selon un recensement de l’an 2000, l’État américain qui porte le nom d'une immense colonie française qui s’étendait des États-Unis au Canada compte 200 000 francophones sur 4,7 millions d’habitants. Il s’agit majoritairement de «cajuns», descendants des Acadiens, colons français de l’est du Canada qui avaient été chassés par les Anglais en 1755 lors du «Grand Dérangement».