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Unis pour la vie

Les champions de la Coupe Stanley de 1993 n’oublieront jamais cette conquête

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Dans la loge des champions de la Coupe Stanley de 1993 jeudi soir, on n’aurait jamais perçu que les joueurs du Canadien l’avaient gagnée il y a 25 ans. L’esprit de camaraderie était bien présent, tout comme les souvenirs de cette folle épopée printanière.

Le coach Jacques Demers les attendait dans son fauteuil adapté. Même s’il ne pouvait parler, ses yeux s’illuminaient à chacune des poignées de main avec ceux qu’il a guidés comme un véritable chef d’orchestre vers la conquête du saint Graal. Cet ​accident vasculaire cérébral d’avril 2016 ne lui a pas fait oublier ses précieux souvenirs.

Il n’était pas question des prouesses de chacun au bout d’une saison parsemée de hauts et de bas, mais d’une saison qui s’était terminée par un grand feu d’artifice au Forum. C’était l’occasion de se réunir pour revivre, pour plusieurs, le plus grand moment de leur carrière. Comme l’a si bien dit Stéphan Lebeau : « Nous sommes liés pour la vie, unis par les liens du sang et le pouvoir de la coupe Stanley. »

« C’est la seule coupe que j’ai gagnée dans mes 18 ans de carrière, a fait noter Vincent Damphousse, meilleur marqueur du CH avec ses 11 buts et 23 points dans les séries de 1993. C’est ce dont je vais me rappeler pour le reste de mes jours. »

Des absents

Au total, 16 joueurs et une demi-douzaine de membres de l’état-major de l’édition de 1993 soulignaient le 25e anniversaire de cette conquête. Quelques-uns n’ont pu être présents, dont Patrick Roy, retenu dans un match des Remparts à Québec, Denis Savard et Éric Desjardins.

« Tout le monde est heureux de se voir. Malheureusement, Jacques ne peut pas communiquer. Mais Jacques sourit. On lui a dit : “C’est plaisant, Jacques. Avant, tu n’arrêtais pas de parler, on n’était pas capable de placer un mot. Au moins, là, on peut parler”, a raconté avec un brin d’humour Serge Savard, le grand manitou de l’époque. Jacques a l’air bien, mieux que la dernière fois que je l’ai vu. »

« Jacques est un combattant et un survivant comme Lyle [Odelein], a fait remarquer le défenseur Mathieu Schneider, tout sourire à la vue de ses anciens coéquipiers. Tu deviens émotif quand tu vois ses yeux s’allumer. Il se bat, c’est l’essentiel. »

Dans la cérémonie d’avant-match, durant laquelle chacun des artisans de la conquête était présenté à la bruyante foule du Centre Bell sous le fameux air de Nothing’s gonna stop us now, de Starship, chanson fétiche de l’équipe, Savard et Demers ont reçu le plus chaleureux accueil. Le coach faisait une première présence publique depuis plusieurs mois.

Trop longue attente

Parmi les invités de marque, on peinait à croire que le Tricolore n’a pas remporté le scintillant trophée depuis un quart de siècle. Mais le nouveau contexte de la LNH change la donne.

« C’est joyeux de se remémorer cette conquête, mais personne n’aurait pu croire que nous serions les derniers à le réussir », a noté Stéphan Lebeau, auteur de trois buts dans les séries de 1993, dont deux dans le second duel face aux Islanders de New York. On se souvient que l’attaquant avait touché la cible d’un tir précis et foudroyant en deuxième période de prolongation à Long Island.

« C’est agréable de surfer sur cette vague depuis ce temps, mais ça fait trop longtemps. Il faut espérer que le Canadien puisse la gagner bientôt, être dans la course pour y arriver en devenant de sérieux prétendants.

« À l’époque, c’était une culture de gagner la coupe. Se contenter de faire les séries, ça n’achetait pas la paix, a-t-il poursuivi. Ne pas gagner la coupe, c’était un peu le cauchemar, surtout pour ceux qui restaient au Québec ! J’ai été élevé dans cette culture, celle de passer le flambeau de génération en génération. »

Selon Damphousse, l’époque des grandes dynasties dans la LNH est révolue. Avec 31 équipes, on verra des clubs attendre 30, 40 et même 50 ans avant de soulever le trophée à nouveau.

« Comme les Maple Leafs, a lancé celui qui a été repêché par la formation ontarienne en 1986, laquelle n’a pas remporté la coupe depuis 1967. Ce sera de plus en plus difficile et ça deviendra la norme. »