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Plein gaz pour l’élection de novembre... 2020

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Juste avant les élections de mi-mandat au Congrès, le président multiplie les assemblées partisanes qui semblent n’avoir qu’un seul et unique objectif : promouvoir sa propre réélection par la seule méthode qu’il connaît.

À moins d’un mois du vote, rien ne paraît ébranler la tendance qui destine probablement les républicains à perdre leur majorité à la Chambre des représentants et à la conserver au Sénat.

En principe, Donald Trump devrait chercher à sauver les meubles, car l’élection de mi-mandat se solde presque toujours par de lourdes pertes pour le parti du président.

En pratique, les performances qu’il livre presque chaque soir devant des foules survoltées visent d’abord sa propre réélection. La stratégie est claire : nier, contre-attaquer, mentir, déformer, répéter.

Nier et contre-attaquer

Jamais un président américain n’a été autant l’objet de scandales politiques et personnels que Donald Trump. Aucun de ces scandales ne semble toutefois affaiblir l’enthousiasme de ses fidèles partisans.

À chaque nouvelle allégation contre lui ou son entourage, Trump nie tout et contre-attaque. C’est aussi ce qu’a fait son protégé Brett Kavanaugh. Le clan Trump a refusé d’accorder la moindre crédibilité aux allégations contre lui et a tronqué l’enquête du FBI, pour ensuite transformer l’affaire en un complot ourdi par les démocrates.

Dans cette contre-attaque typique de la méthode Trump, les vraies victimes sont les hommes qui ont agi impunément pendant des années et qui doivent aujourd’hui rendre des comptes.

La stratégie de négation totale est également à l’œuvre depuis la publication d’un dossier accablant sur les finances de la famille Trump par le New York Times, qui est passé presque inaperçu. La réponse de Trump ? Évidemment, il attaque les médias.

Mentir et déformer

À chaque rallye, Trump appelle ses partisans à joindre la guerre culturelle à laquelle il doit son ascension politique. Comme dans sa première campagne, il leur déballe un flot incessant de mensonges, de faussetés et de déformations qui lui permettent de construire une réalité parallèle. Les observateurs qui comptabilisent ces faussetés ne suffisent plus à la tâche.

Même lorsque le président pourrait facilement prendre le crédit d’une économie prospère et des quelques bons coups qu’il lui arrive de réussir, ses propos sont tellement exagérés qu’ils en deviennent risibles.

Oui, l’économie va bien, mais non, il n’est pas vrai que chaque indicateur est à un sommet historique. Oui, l’AEUMC est un succès, mais non, les États-Unis n’ont pas remplacé le pire accord commercial de tous les temps par le plus extraordinaire « deal » de l’histoire.

Répéter

Surtout, il faut répéter constamment ces faussetés et en saturer les médias de droite qui constituent la chambre à écho de l’électorat de Trump.

Trump donnera peut-être aux républicains l’énergie nécessaire pour limiter les dégâts en novembre, mais il est clair qu’il vise d’abord à s’aider lui-même en vue de novembre 2020. Prochaine étape : blâmer les démocrates de tous les maux de la terre s’ils prennent le contrôle du Congrès.