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Pot: le casse-tête

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Les policiers de Toronto ne pourront consommer de cannabis moins de 28 jours avant de se présenter au travail.

Les policiers de Vancouver pourront en consommer dans leurs temps libres, pourvu qu’ils n’arrivent pas gelés à la station.

Les policiers de Calgary ne pourront pas en fumer, même pas dans leurs temps libres, même pas en vacances, jamais.

Et les policiers de Lévis pourront en fumer lorsqu’ils ne seront pas en fonction, « comme un travailleur qui boit une bière au restaurant sur l’heure du dîner ».

Pot problème

Même les différents corps policiers du pays ne s’entendent pas sur la façon d’encadrer la consommation de pot chez leurs agents ! Comment voulez-vous qu’on arrive à un consensus ? Le 17 octobre, le Canada va ressembler à une courtepointe. Il va falloir inventer une application pour savoir ce qu’on peut faire dans telle ou telle région. Certains Canadiens vont pouvoir fumer à 18 ans, d’autres à 21 ans, certains pourront faire pousser du pot chez eux, d’autres pas, certains pourront fumer dans des parcs, d’autres non, certains pourront fumer le week-end, d’autres jamais.

Allez comprendre quelque chose là-dedans !

Des entreprises songent même à fouiller leurs employés, ou à leur faire passer des tests de dépistage !

Et chez le transporteur aérien WestJet, les membres de l’équipage, les employés qui travaillent au service d’entretien et les agents de bord ne pourront jamais fumer, car ils perdront leur emploi.

Cibole...

Si le cannabis est si problématique, si les avis sont aussi partagés quant à sa dangerosité et à la persistance du THC dans le sang, voulez-vous bien me dire pourquoi on a décidé de le légaliser ?

Et pourquoi cet empressement ? Comme si c’était une urgence nationale ?

Traverser la rivière

Le pot va être légal dans six jours, et on ne sait toujours pas comment gérer la situation.

Tout ça sent l’improvisation à plein nez.

Pourtant, ce n’est pas comme si on venait d’être mis devant le fait accompli...

Ça faisait partie des promesses électorales de Justin Trudeau !

Mais on s’est dit : « Bof, on verra... On traversera la rivière lorsqu’on sera rendu... »

Eh bien, on est rendu, là.

Et certains ont décidé de traverser la rivière à la nage alors que d’autres se construisent un radeau avec des noix de coco...

Même au Québec, on est divisé.

Le patron de la Société québécoise du cannabis affirme que la mission première de la SQDC n’est pas de faire des profits, mais de couper l’herbe sous le pied des organisations criminelles. Alors que d’autres disent : « Voyons ! C’est la nouvelle ruée vers l’or ! Les États américains qui ont légalisé le pot ont amassé des gonzilliards de dollars qui serviront à financer leur système d’éducation et leur système de santé, et nous, on fait la fine bouche ? On instaure tellement de règlements qu’on ne pourra plus fumer nulle part ? On est en train de manquer le bateau ! » Bref, il est minuit moins cinq et on ne sait toujours pas quoi faire... Comme m’a dit Jean-François Guérin à LCN, hier : « On verra à l’usage... »

C’est le cas de le dire !