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Redonner à Montréal

Stephan Cretier
Photo Agence QMI, Dominick Gravel Stéphan Crétier et Michael Fortier ont pris plaisir à regarder l’affrontement entre les Raptors de Toronto et les Nets de Brooklyn, hier, au Centre Bell.

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C’est une grosse pointure du monde québécois des affaires qui se joint aux promoteurs désirant attirer une concession de la NBA à Montréal. En 20 ans, Stéphan Crétier a fait de GardaWorld l’entreprise de sécurité la plus importante au monde.

Comme la plupart des gestionnaires de cette catégorie, l’homme de 55 ans, de descendance française, aime se faire discret. Il accorde peu d’entrevues.

Depuis huit ans, il vit à Dubaï, d’où il vaque aux opérations de son entreprise au Moyen-Orient et dans le sud de l’Afrique. Mais il n’est pas prétentieux pour deux sous. Il est terre à terre et de commerce agréable.

Quand on lui demande s’il est né en France ou au Québec, il répond : « Je suis un p’tit cul de Saint-Vincent de Paul ! J’ai grandi pas très loin des murs du pénitencier. »

L’accent est bien de chez nous.

25 000 $ plus tard

Crétier a grandi en encourageant le Canadien et les Expos. Il a arbitré pour les fédérations canadienne et québécoise de baseball au niveau semi-professionnel et amateur.

À 31 ans, il s’est posé une question existentielle. « Qu’est-ce que je pourrais bien faire dans la vie ? »

Il avait déjà été détective dans les magasins La Baie. C’est comme ça que tout a commencé. Il a contracté une deuxième hypothèque de 25 000 $, qu’il a investie dans une compagnie ayant pour nom Sécurité Trans-Québec.

Aujourd’hui, GardaWorld compte 200 bureaux de par le monde, employant 65 000 personnes. 

Impliqué dans le retour du baseball

Crétier n’appuie pas seulement le projet d’amener une équipe de basketball professionnelle à Montréal. Il figure aussi parmi le groupe d’investisseurs qui veut faire revivre les Expos.

« Je veux laisser un legs à Montréal, c’est ma façon de redonner », dit-il.

Le président fondateur et chef de la direction de GardaWorld croit fermement qu’une équipe de la NBA serait vouée à connaître du succès à Montréal.

« Je voyage beaucoup et le sport que l’on voit beaucoup dans le monde, c’est le basket », raconte-t-il.

« Je ne me prétends pas un connaisseur, mais j’avais des billets de saison pour les matchs des Lakers de Los Angeles. J’ai eu la chance de voir jouer Michael Jordan. »

Investissement de 150 à 200 M$

Sa participation financière dans une équipe serait à hauteur de 10 pour cent.

Combien pourrait coûter justement une équipe d’expansion de la NBA ?

« Entre 1,5 et 2 milliards », estime Michael Fortier, qui pilote le dossier depuis 2015.

L’ancien ministre fédéral s’est adjoint les services de Kevin Gilmore, ancien vice-président et chef de l’exploitation du Canadien qui travaille depuis 25 ans dans la gestion d’organisations sportives.

Michel Leblanc, qui est président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, appuie leurs efforts.

Deuxième sport au monde

Grâce aux programmes de développement de la NBA, le basketball est devenu le deuxième sport le plus pratiqué sur la planète. C’est la discipline sportive la plus prisée par les jeunes dans les écoles de l’île de Montréal.

Le marché est là, les conditions économiques aussi. Mais Montréal ne serait pas seule. Seattle veut obtenir une nouvelle équipe. Las Vegas représente le nouveau Klondike des ligues professionnelles.

Les Golden Knights ont vu le jour l’an dernier et les Raiders de la NFL déménageront dans la ville du jeu l’an prochain ou en 2020.

« On réalise qu’on est le plan B », réagit Michael Fortier.

« Mais personnellement, je préfère être dans la peau du négligé. Il faut changer aussi la perception que l’on a de notre ville, ici comme en Amérique du Nord. Plusieurs ont une vision de Montréal gelée dans le temps. »

« Il faut voir ce que Montréal est devenue. Nous avons des entreprises qui créent des emplois qui génèrent de l’épanouissement pour notre population. »

Comme l’avait dit Denis Coderre, Montréal est de retour !

Un projet intéressant

Comme par le passé, il y avait encore une très bonne foule, hier soir, au Centre Bell, pour assister à un match de basket. Il s’agissait d’une rencontre préparatoire, rappelons-le.

Contrairement à la croyance populaire, Montréal n’est pas seulement une ville de hockey. Les jeunes amateurs de sports ont aussi un grand intérêt pour le soccer et le basketball, les deux sports les plus pratiqués au monde.

Le sport professionnel se met au goût du jour. Pour les amateurs de la jeune génération, les amphithéâtres et stades sportifs sont des lieux de rassemblement où ils peuvent socialiser et s’amuser.

Le voisinage du Centre Bell est complètement transformé. Comme à Toronto, les tours à condos qui poussent autour du domicile du Canadien regorgent de jeunes qui ont de bonnes ressources financières et qui aiment sortir en ville.

Il suffit d’assister à un match des Raptors à Toronto pour le voir. La foule est jeune, bruyante, diversifiée. Rien à voir avec ce qu’on voit aux matchs des Maple Leafs, où les amateurs sont assis sur leurs mains ou jasent business dans les loges corporatives en buvant un cocktail.

Un monde nouveau

Le sport professionnel change.

Aux États-Unis, la construction de nouveaux stades contribue à faire revivre des quartiers qui étaient délabrés.

Le sport est devenu un gros moteur dans l’économie d’une ville.

La venue d’une équipe de la NBA à Montréal n’impliquerait l’investissement d’aucun denier public. Le Centre Bell, qui servirait de domicile à une formation, est là. Il a été bâti et rénové avec des fonds privés.

Pas de problème, donc, de ce côté.

Le quartier Griffintown, que les promoteurs du retour des Expos privilégient pour l’érection d’un stade, est déjà complètement métamorphosé.

Montréal est sur une lancée. C’est vrai qu’il y a des cônes orange partout, mais il reste que le centre-ville est en pleine expansion.