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Sortez-le, s’il vous plaît

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Je ne peux pas le croire. En 2018, dans une société qui se targue d’être laïque, je suis encore en train d’écrire une chronique sur le crucifix de l’Assemblée nationale. Au fil des ans, j’ai cessé de les compter.

La raison ? Ce crucifix, sous prétexte qu’il serait un « objet patrimonial », les gouvernements, un après l’autre, ont refusé de le retirer du mur où il trône tout-puissant au-dessus de la tête du président de l’Assemblée nationale. Le gouvernement élu de la CAQ ne faisant pas exception.

Politique

Ce crucifix est une copie de celui commandé par le premier ministre Maurice Duplessis en 1936. Patrimonial ? Non. Politique ? Très certainement. Son installation visait à symboliser l’alliance très politique scellée entre le haut clergé catholique et l’ultraconservatrice Union nationale dirigée par Duplessis.

Religieux, cet objet ? Eh oui, aussi. Le crucifix est un symbole religieux. Si l’État se prétend « laïque », voilà une autre excellente raison de le déménager ailleurs que dans l’antre même de la démocratie québécoise.

La liberté de conscience et de religion des citoyens est un droit fondamental, mais l’État, lui, doit être neutre. La présence du crucifix au Salon bleu envoie le message contraire. Or, le parlement n’est pas un lieu de culte.

Droits de la personne

Sa présence rappelle également aux femmes à quel point, même au XXIe siècle, l’Église catholique, en tant qu’institution mondiale, les exclut encore et toujours comme si elles étaient des êtres inférieurs aux hommes.

Elle exclut en effet les femmes de sa propre hiérarchie et condamne le droit à l’avortement. Bref, elle nie le principe de l’égalité entre les sexes. Cette semaine, le pape allant même jusqu’à comparer l’avortement au « recours à un tueur à gages » ! Au secours...

Les droits des femmes sont pourtant des droits de la personne. Alors, s’il vous plaît, sortez ce crucifix de notre parlement. Au Québec, la catho-laïcité a assez duré.