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Il écope d’un an de prison pour avoir texté au volant

Une jeune femme avait été amputée à la suite du violent accident

Guillaume Crépeault à sa sortie du palais de justice de Rouyn-Noranda lors des observations sur la peine, le 30 août.
Photo d'archives, David Prince Guillaume Crépeault à sa sortie du palais de justice de Rouyn-Noranda lors des observations sur la peine, le 30 août.

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ROUYN-NORANDA | Pour la première fois au Québec, un homme a été condamné à une peine de prison pour avoir texté au volant, ce qui a causé l’amputation de la jambe d’une motocycliste.

Le 26 juillet 2015, Guillaume Crépeault conduisait sa Mazda Protégé 2001 sur la route 117, près de Rouyn-Noranda. Sa fillette se trouvait sur la banquette arrière. Il a alors envoyé le message texte suivant à sa sœur : « J’suis en route ».

Pendant qu’il écrivait avec son cellulaire sur la cuisse, sa voiture a dévié de sa voie pour aller percuter une moto qui roulait en sens inverse.

Amputation

La motocycliste, Danielle Boutet, a été gravement blessée à la jambe gauche. Après plusieurs opérations, les médecins ont dû lui amputer la jambe quelques mois après la collision.

« La vie de cette femme active a été complètement chamboulée pour un texto qui ne pouvait pas attendre », a dit le juge Jean-Pierre Gervais jeudi matin au palais de justice de Rouyn-Noranda avant de condamner M. Crépeault à 12 mois de prison ferme. Il ne pourra pas conduire pendant une période de trois ans.

Crépeault avait été reconnu coupable en juin de négligence criminelle causant des lésions.

Le juge Gervais a beaucoup insisté sur l’insouciance des gens qui textent au volant et a dit que la peine devait être dissuasive. Il a également pris en compte le fait que Crépeault n’avait pas de passé criminel.

La Couronne demandait 20 mois de prison, alors que la défense suggérait 90 jours à purger les week-ends, en plus de travaux communautaires.

Crépeault, 30 ans, devient ainsi le premier conducteur condamné à une peine de prison pour avoir texté au volant. La preuve dans ces cas est difficile à faire, avait déclaré la procureure de la Couronne, Émilie Larose.

Effacer deux textos

Après l’impact, Crépeault a effacé deux textos envoyés à 19 h 04 et 19 h 14, mais il n’a pas effacé la réponse de sa sœur, reçue à 19 h 14.

L’appel au 911 à la suite de la collision est aussi entré à 19 h 14. Les messages ont cependant pu être retrouvés par la suite.

Pendant son procès, Crépeault avait dit qu’il s’était rangé sur l’accotement pour envoyer les textos à sa sœur et que l’accident s’était produit parce qu’il avait jeté un coup d’œil à sa fille, assise à l’arrière.

Le juge Gervais a estimé cette version peu probable en raison du peu de temps écoulé entre l’envoi de textos, l’accident et l’appel au 911.


►Guillaume Crépeault a pris le chemin de la prison en pleurs.