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Éric Salvail: le jugement populaire

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Mercredi, dans ma chronique, je me demandais à quelles conditions le public québécois serait prêt à donner une deuxième chance à Éric Salvail, s’il devait reprendre une vie publique.

Ouch ! Si je me fie à l’abondant courrier que j’ai reçu au Journal (et même si cet échantillon n’a rien de scientifique), je dois conclure que la partie est loin d’être gagnée pour l’ancien animateur déchu.

LA VAGUE #MOIAUSSI

Un an après le déclenchement du mouvement #MeToo, on n’a pas fini de se poser des questions d’éthique.

Est-ce qu’on doit condamner une personnalité publique sur la simple base de dénonciations faites dans les médias ? Est-ce qu’on doit, comme le clament les partisans du #onvouscroit, croire les victimes, les survivants, sur parole ?

On sait ce que ça a donné avec Alice Paquet...

Dans ma chronique, je soulevais certaines questions, sans réponse, pour entamer une réflexion avec vous, les lecteurs. Et je vous remercie de votre réaction, sincèrement, parce que la discussion a été passionnante.

Sylvain m’a écrit : « Je crois que toutes les personnes visées devraient demeurer à l’écart de la vie publique par respect pour leurs victimes ». Mais alors, combien de temps dure cette mise au ban de la société ? Après combien d’années accepte-t-on que le pénitent sorte du banc des punitions ? Y a-t-il une date de prescription ?

France, de son côté, croit les présumées victimes. « Mais je pense qu’aucune n’est en droit d’exiger une sentence à vie. »

Jacques est catégorique : « Je suis pour l’État de droit, mais pas pour le lynchage sur les médias sociaux ! »

Nathalie soulève un point intéressant. Ceux qui ont été choqués par les gestes de Joël Legendre n’ont qu’à changer de poste si la vue de l’animateur les dérange. La même règle s’applique, selon elle, à Éric Salvail. « Ceux qui l’aiment pourraient l’écouter et ceux qui ne tolèrent pas ces gestes qu’il aurait posés changeraient de poste. »

Jacques me dit que mes questions, difficiles, l’ont amené à une profonde réflexion. « Les personnes mentionnées dans votre chronique ont atteint une grande notoriété et elles sont devenues des modèles pour plusieurs. Elles ont bénéficié de beaucoup d’avantages et de privilèges et elles en ont profité sans se soucier du mal qu’elles pouvaient faire.

« Conséquemment, à mon avis, le prix à payer doit être proportionnel à cette place qu’elles ont occupée et, même si j’ai tort, je suis incapable de leur donner une seconde chance. »

LA TÊTE DU CLIENT

Je vous avoue que ce qui m’a le plus surprise a été de recevoir des messages comme « Il n’a pas à me demander pardon, il ne m’a rien fait, il m’a fait rire à tous les soirs à son émission. Moi, les allégations, je ne crois pas ça ».

Ou encore : « Certainement que je suis prêt à lui donner une deuxième chance et avec tout mon cœur parce que je l’aime beaucoup et je m’ennuie de ses idées et DE ses folies ».

Question quiz : ces fans auraient-elles été plus sévères envers un animateur moins talentueux ?

Est-ce qu’on pardonne plus facilement à une personnalité adorée des gestes qu’on condamnerait chez un artiste dont la face ne nous revient pas ?