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Des groupes identitaires «malheureusement habiles», lance Labeaume

Des groupes identitaires «malheureusement habiles», lance Labeaume
Photo Journal de Québec, JEAN-FRANCOIS DESGAGNÉS

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, a mis en garde, samedi, contre le discours de la droite identitaire et de ses dirigeants «malheureusement assez habiles» alors qu’une autre manifestation de ces groupes se tient dans la capitale.

Quelque 200 personnes ont affirmé sur Facebook qu’elles seraient présentes, samedi en après-midi, à une manifestation pour la «laïcité» et la «liberté d’expression». La marche commence à 15 h au parc Lucien-Borne et culminera devant l’Assemblée nationale.

Les organisateurs dont l’identité n’est pas connue parlent d’un rassemblement citoyen. Ils affirment ne pas vouloir être «catalogués d’intolérants» parce qu’ils demandent l’interdiction des signes religieux pour les employés de l’état en position d’autorités.

La Meute a publicisé l’événement dans ses réseaux, mais a précisé qu’elle ne parrainait pas l’événement sous prétexte que le groupe a bénéficié d’une attention «sans précédent» des médias depuis quelques mois et que le «contexte» ne s’y prête pas. Des représentants de Storm Alliance sont également attendus.

«Ils ne sont pas fous»

Même s’il ne veut «rien savoir» des groupes identitaires, Régis Labeaume a reconnu «qu’on ne peut pas les empêcher d’exister». Il estime que leurs dirigeants tiennent un double discours.

«Ils ont une façon bien sexy, bien délicate d’amener les choses, mais dans le fond, ils sont contre les étrangers. [...] Quand ils parlent de laïcité, je pense qu’ils parlent moins du fait que l’État ou les gouvernements doivent être laïcs, ce avec quoi je suis totalement d’accord, [...] je pense qu’ils en parlent aussi contre les religions immigrantes étrangères», a analysé le maire.

«Ils ne sont pas fous et je trouve que les gens qui les dirigent, malheureusement, sont assez habiles. Malheureusement, ils sont pas mal habiles. Ils trouvent les mots. Je les dénonce, mais les dirigeants ne sont pas bêtes», a-t-il poursuivi.

Pour la troisième fois depuis une semaine, M. Labeaume a réitéré que le manque d’intérêt pour la protection de la langue française a créé une «fracture» entre Montréal et les régions qui serait responsable au moins en partie de la montée des groupes identitaires.

«Si on n’est pas prudents, malheureusement, leur message fait du chemin et il faut les dénoncer, oui, mais à un moment donné, il faut essayer de comprendre pourquoi ça existe», s’est inquiété le maire de Québec.