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La perte des repères

Le baptême de la petite, écrite par Isabelle Hubert, aborde le rejet des rituels et de la spiritualité

Antoine, Maude, Marie-Ève et Rémi, interprétés par Maxime Denommée, Catherine De Léan, Marie-Hélène Gendreau et Jean-Michel Déry, vivront un repas de famille particulièrement houleux, lorsqu’ils aborderont la question du baptême.
Photo Suzanne O’Neil Antoine, Maude, Marie-Ève et Rémi, interprétés par Maxime Denommée, Catherine De Léan, Marie-Hélène Gendreau et Jean-Michel Déry, vivront un repas de famille particulièrement houleux, lorsqu’ils aborderont la question du baptême.

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Antoine et Maude ont fait le choix de ne pas faire baptiser la petite fille qu’ils vont bientôt adopter. Une décision qui va à l’encontre des traditions et qui transformera un repas de famille qui devait être agréable en cauchemar.

Succès l’été dernier au Théâtre du Bic, Le baptême de la petite vivra à nouveau durant 15 représentations, à partir du 23 octobre, sur les planches du Théâtre Périscope.

La pièce écrite par Isabelle Hubert aborde le rejet des rituels et de la spiritualité et fait suite à une époque où les Québécois ont délaissé massivement les églises et les enseignements liés à la religion catholique.

Antoine, Maude, Marie-Ève et Rémi, interprétés par Maxime Denommée, Catherine De Léan, Marie-Hélène Gendreau et Jean-Michel Déry, vivront un repas de famille particulièrement houleux, lorsqu’ils aborderont la question du baptême.
Photo Suzanne O’Neil

Antoine (Maxime Denommée) et Maude (Catherine De Léan) invitent Marie-Ève (Marie-Hélène Gendreau) et Rémi (Jean-Michel Déry) à un souper de famille afin de souligner l’adoption de leur fille. Une soirée qui, lorsque la question du baptême sera discutée, deviendra catastrophique.

« Marie-Ève, la sœur d’Antoine, débarque avec la petite robe de baptême et elle est toute contente. C’est comme acquis, pour elle, que nous allons faire baptiser la petite. La situation amène des conflits, ça dégénère et ça devient la pire soirée de leur vie », a raconté Maxime Denommée lors d’un entretien.

Le comédien précise qu’il y a beaucoup de gens qui ne pratiquent plus la religion catholique, qui ne sont pas mariés, et qui font tout de même baptiser leurs enfants.

« On fait ça pour quelle raison ? Est-ce que c’est uniquement par habitude ? », a-t-il demandé, indiquant qu’il n’avait pas fait baptiser ses deux enfants.

La famille

Maxime Denommée raconte une anecdote qu’il a vécue avec son deuxième garçon et qui colle parfaitement à la thématique de la pièce.

« On a fait une petite cérémonie, avec un petit bain de bébé, à la maison. J’ai raconté ça à mon père en lui disant que l’objectif de cette cérémonie était de présenter l’enfant à son parrain et à sa marraine. J’étais content. Il y a eu un petit silence et mon père m’a dit que le baptême était une cérémonie qui avait pour objectif de présenter l’enfant à Dieu. Il y a eu comme un petit malaise. »

Antoine, Maude, Marie-Ève et Rémi, interprétés par Maxime Denommée, Catherine De Léan, Marie-Hélène Gendreau et Jean-Michel Déry, vivront un repas de famille particulièrement houleux, lorsqu’ils aborderont la question du baptême.
Photo Suzanne O’Neil

Le baptême de la petite remet en question l’utilité de la religion et ce qui reste, dans la société québécoise, de la doctrine catholique.

« On a tout rejeté, les espèces de rituels et une spiritualité. Il y a, dans la pièce, des personnages qui font face à des épreuves et qui sont en perte de repères. On constate que les personnages qui disent être les plus athées et qui critiquaient le plus la religion catholique sont ceux, à la fin, qui ont le plus besoin de retrouver le côté sacré. On a un peu, en rejetant la religion, jeté le bébé avec l’eau du bain », a-t-il mentionné.

La pièce est aussi, selon le comédien, un prétexte pour parler de la famille.

« Il y a beaucoup de jugements sur comment les gens vivent et mènent leur vie. On voit comment, parfois, on peut se sentir comme un extraterrestre dans sa propre famille. Et pourtant, on a le même sang et on vient de la même place », a-t-il confié.

Le baptême de la petite est, précise-t-il, une pièce qui est très drôle et avec beaucoup d’humour.

« J’ai l’impression que les gens se reconnaissent beaucoup dans ces situations de réunions de famille », a-t-il indiqué.


Le baptême de la petite est à l’affiche du 23 octobre au 10 novembre, au Théâtre Périscope.