/finance/business
Navigation

Rien n’est joué pour le projet éolien Apuiat sur la Côte-Nord

Le gouvernement Legault devra trancher, soutient le PDG d’Hydro-Québec

barrage Romaine 3
Photo d'archives, Simon Clark Le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, en octobre 2017, alors qu’il s’était rendu sur le chantier du barrage La Romaine 3.

Coup d'oeil sur cet article

L’avenir du projet éolien Apuiat de 200 mégawatts (MW) sur la Côte-Nord est loin d’être assuré. Le grand patron d’Hydro-Québec, Éric Martel, s’en remet au nouveau gouvernement de François Legault pour décider de son sort.

«On va discuter avec le nouveau gouvernement. On va voir leur volonté. Mon boulot est de mettre les faits sur la table. On doit regarder cela à long terme. On doit voir les avantages et les désavantages», a indiqué mardi le grand patron d’Hydro-Québec, Éric Martel, en entrevue avec Le Journal.

Selon lui, le projet comporte toujours des coûts importants pour la société d’État.

En août dernier, le PDG d’Hydro-Québec avait précisé que le tarif d’électricité exigé pour le projet Apuiat pourrait occasionner à la société d’État des pertes financières estimées «entre 1,5 milliard $ et 2 milliards $ sur la durée du contrat» de 25 ans.

Le PDG d’Hydro-Québec avait aussitôt été rappelé à l’ordre par le ministre des Ressources naturelles de l’époque, Pierre Moreau, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Entente de principe

Or, le gouvernement libéral n’est plus dans le décor, alors qu’une entente de principe a été signée avec les Innus de la Côte-Nord et le promoteur Boralex.

L’entente, qui doit être ratifiée par le nouveau gouvernement caquiste, prévoit qu’Hydro-Québec paiera au moins 8,4 cents du kilowattheure (kWh) pendant 25 ans aux promoteurs du parc éolien Apuiat.

À terme, en dollars d’aujourd’hui, Hydro-Québec devrait verser environ 1,6 milliard $ pendant la durée du contrat.

Des surplus monstres

Le PDG d’Hydro-Québec dit «n’avoir rien contre l’énergie éolienne». Il rappelle toutefois que la société d’État doit jongler avec d’imposants surplus énergétiques.

Chez Hydro-Québec, on est d’avis que l’ajout de ces 200 MW à son réseau pourrait s’avérer un réel casse-tête, alors que la société d’État doit déjà gérer des surplus d’électricité estimés à plus 169 térawattheures (TWh) pour une valeur totale de 17 milliards $ d’ici 2027.

Éric Martel dit avoir l’appui inconditionnel du conseil d’administration de la société d’État dans le dossier Apuiat.

«Les gens du C. A. ont leur rôle à jouer et moi, j’ai le mien. Jusqu’à présent, le C. A. m’a toujours suivi», a-t-il précisé.

Hydro-Québec garde le cap sur les exportations

Comment voyez-vous le marché de l’électricité en Amérique du Nord?

Il y a pour nous un énorme potentiel pour exporter notre électricité. On a signé l’an dernier un contrat sur 20 ans avec le Massachusetts (9,45 térawattheures) qui va nous rapporter beaucoup d’argent au cours des prochaines années. On a aussi déposé une offre au Connecticut pour un contrat sur 10 ans (3 térawattheures). On suit attentivement ce qui se passe dans l’État de New York. Il y a là une possibilité d’un important contrat (5 à 8 térawattheures). On suit de près la situation en Ontario. Ce sont des marchés très lucratifs pour Hydro-Québec.


Y a-t-il un avenir pour le secteur des cryptomonnaies au Québec?

Oui. C’est un marché que j’observe depuis plusieurs années. On a lancé un appel de propositions devant la Régie de l’énergie et on sent qu’il y a un réel engouement pour les entreprises du blockchain de venir s’installer au Québec en raison de nos bas tarifs d’électricité. Hydro-Québec a déposé en juin dernier un appel de propositions pour un bloc de 500 mégawatts (MW). On va demeurer prudent. Mais il est évident que l’on préfère vendre nos surplus d’électricité à cette industrie plutôt que de déverser l’eau de nos barrages.


Comment voyez-vous le développement de la voiture électrique au Québec?

Ça va très vite. On voit que les Québécois adoptent de plus en plus la voiture électrique comme mode de transport. Aux dernières nouvelles, on s’approchait des 35 000 véhicules électriques sur les routes du Québec. On a développé un plan pour ajouter plus de 1600 bornes de recharge rapide au cours des prochaines années partout sur le territoire québécois. On est très optimiste et on pense que l’on pourra atteindre la barre des 100 000 véhicules électriques d’ici la fin de 2020 au Québec.