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Les caquistes ne sont plus prêts à «tirer la plogue»

François Legault avait pourtant affirmé qu’il stopperait ce projet «irresponsable»

Les caquistes ne sont plus prêts à «tirer la plogue»
Photo d'archives, AFP

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Le nouveau gouvernement caquiste ouvre la porte à un projet éolien auquel François Legault s’est pourtant opposé à de nombreuses reprises.

En août, M. Legault avait été clair au sujet du projet Apuiat, sur la Côte-Nord.

« Je m’oppose à ce projet-là », avait-il déclaré lors d’une visite à Sept-Îles.

En mai, M. Legault avait jugé le projet « irresponsable » parce qu’il forcerait Hydro-Québec à acheter sa production dont elle n’a pas besoin. « Ce projet-là ne sera pas viable économiquement », avait-il dit.

À peine assermenté, jeudi, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a offert une version plus nuancée. « On n’a pas dit qu’on va tirer la plogue. On va analyser le dossier », a-t-il dit après la cérémonie.

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Le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, avait lui-même tiré à boulets rouges sur le projet. Dans une lettre obtenue par notre Bureau d’enquête, M. Martel soutenait que l’achat de la production d’Apuiat allait faire perdre environ 1,5 milliard $ à la société d’État.

En septembre, nous avons également révélé que le projet de contrat conclu entre Hydro-Québec et les promoteurs du projet ne fixait aucune obligation d’achat local.

M. Legault avait alors accusé le gouvernement libéral d’avoir « mené les Québécois en bateau ».

Son député François Bonnardel avait quant à lui répété l’opposition de sa formation à l’entente de principe conclue pour le projet. « Il n’est pas signé, donc on l’annulerait, c’est seulement une entente de principe », a-t-il dit.

Valeur ajoutée

Jeudi, M. Julien, qui est également ministre de la région de la Côte-Nord, a déclaré qu’il faut évaluer les retombées.

« Pour les projets, pour nous, ça prend une valeur ajoutée pour le Québec. Une valeur ajoutée, ce n’est pas juste une rentabilité. »

Apuiat, un projet né de l’association entre les Innus et Boralex en septembre 2016, vise la construction d’un parc de 48 à 57 éoliennes. Sa puissance serait de 200 MW.