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La ville de Montréal est presque exclue du cabinet

Chantal Rouleau est la seule députée de la métropole nommée ministre

La nouvelle ministre responsable de la métropole québécoise, Chantal Rouleau, ici en compagnie de son chef François Legault hier, est une ancienne adversaire politique de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avec le parti de l’Équipe Denis Coderre.
Photo Agence QMI, Simon Clark La nouvelle ministre responsable de la métropole québécoise, Chantal Rouleau, ici en compagnie de son chef François Legault hier, est une ancienne adversaire politique de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avec le parti de l’Équipe Denis Coderre.

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La seule députée montréalaise au Conseil des ministres ne gérera aucun portefeuille alors que des représentants du 450 mettent la main sur des ministères clés comme l’Économie et la Santé.

Unique représentante d’une circonscription de l’île de Montréal dans le Conseil des ministres dévoilé hier, la députée de Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau a hérité du titre de ministre déléguée au Transport et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal.

« C’est la première fois qu’un gouvernement a autant de difficulté à assurer une représentation ministérielle de Montréal », explique le politologue André Lamoureux. 

Mais ultimement, avec seulement deux députés sur l’île, le gouvernement ne pouvait nommer plus que deux ministres.

« François Legault ne pouvait pas inventer des députés qui ne sont pas dans la région de Mont­réal », indique M. Lamoureux.

Symbole de cette absence montréalaise, la mairesse Valérie Plante ne s’était pas déplacée à Québec pour la nomination du Conseil, ce qui lui a valu de nombreuses critiques.

 

Ex-adversaire

La ministre responsable de la Métropole, Mme Rouleau, est une des anciennes adversaires politiques de Mme Plante puisqu’elle faisait partie de l’Équipe Denis Coderre lors des municipales de l’an dernier.

Une situation qui pourrait faire des étincelles selon Danielle Pilette, politologue et professeure associée au département de Stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l'Université du Québec à Montréal

« La mairesse de Montréal va l’interpréter comme une forme de surveillance, mais ce n’est pas nécessairement mauvais », analyse Mme Pilette. Elle précise que Chantal Rouleau représentera un interlocuteur de choix pour les maires d’arrondissement en désaccord avec les politiques de Valérie Plante. 

De son côté, Chantal Rouleau s’est dite hier prête à collaborer avec Valérie Plante.

« On a chacune un rôle important à jouer pour l’avancement de Montréal », assure-t-elle.

Région bien représentée

Contrairement à l’île de Mont­réal, la région métropolitaine est très bien représentée.

Parmi les 16 ministres sur 26 issus des parties nord et sud de la couronne de Montréal, Danielle Pilette cite à titre d’exemples François Roberge, nouveau ministre de l’Éducation et député de Chambly en Montérégie, ainsi que Danielle McCann, ministre de la Santé et députée de Sanguinet.

« Il y a des ministères très importants qui sont allés à des députés du territoire de la communauté métropolitaine de Montréal », commente-t-elle. 

Députés montréalais au Conseil

Gouvernement Couillard*

  • 14 sur 30

Gouvernement Legault

  • 1 sur 26

* Remaniement d’octobre 2017

Plante impatiente de collaborer avec Chantal Rouleau

Bien qu’elle ne soit pas déplacée pour assister à la nomination du Conseil des ministres, la mairesse de Montréal a déclaré hier vouloir travailler avec le gouvernement Legault.

Amenée à commenter le peu de députés montréalais dans le nouveau gouvernement, Valérie Plante a rappelé lors d’un point presse que seulement deux députés avaient été élus sur l’île et que le nouveau gouvernement avait dû composer avec cette situation.

<b>Valérie Plante</b></br>
<i>Mairesse de Montréal</i>
Photo Sarah Daoust-Braun
Valérie Plante
Mairesse de Montréal

La mairesse a aussi déclaré accueillir « de façon très positive » la nomination au poste de ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal de Chantal Rouleau, une ancienne adversaire politique ayant appartenu à l’Équipe Denis Coderre.

« On n’était pas dans le même parti, mais il y a plein de sujets sur lesquels on est d’accord. À ce moment-ci, c’est important de faire avancer le dossier de Montréal », a indiqué la mairesse, songeant aux enjeux du transport et de la décontamination dans l’est.

Attentes et compromis

Tout en affirmant que le nouveau premier ministre François Legault était un homme d’affaires pragmatique conscient de la réalité montréalaise, Valérie Plante a aussi indiqué que ses attentes envers le nouveau gouvernement étaient grandes.

Parmi les attentes de Mme Plante se trouve certainement l’ajout d’une nouvelle « ligne rose » au métro mont­réalais.

François Legault s’était d’abord opposé à cette idée avant d’assouplir sa position en se déclarant ouvert à une construction « en surface ».

« On sait que c’est un projet qui tient à cœur à la mairesse, a déclaré hier Chantal Rouleau. Il y a une étude de pertinence en cours, alors on va regarder avec les différentes instances. »

La mairesse Plante devra sans doute faire des compromis vis-à-vis du nouveau gouvernement, selon le politologue André Lamoureux.

« Elle va devoir composer avec des décisions qui parfois peuvent heurter certaines de ses orientations personnelles », estime M. Lamoureux, qui prend à titre d’exemple le projet de la CAQ d’interdire les signes religieux pour les personnes en situation d’autorité, dont les enseignants.

– Avec l’Agence QMI