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La vie vue par les yeux d’un Asperger

Un auteur espère que son livre sur le syndrome d’Asperger aidera à faire comprendre la condition de l’intérieur

Alexandre Poirier-Charlebois
Photo Arnaud Koenig-Soutière Alexandre Poirier Charlebois, étudiant et conférencier, a lancé son livre Ma vie avec l’Asperger, il y a presque un an jour pour jour.

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Un jeune homme atteint du syndrome d’Asperger, qui a écrit un livre dans lequel il raconte son parcours atypique, espère que son récit saura sensibiliser la population quant aux défis auxquels les gens comme lui se butent au quotidien.

Alexandre Poirier Charlebois, 28 ans, a voulu mettre en mot les hauts et les bas qu’il a connus tout au long de son parcours scolaire, de l’école primaire jusqu’à l’université, en passant par le nid familial.

« On vit ce qu’on vit, mais on le perçoit différemment », explique l’auteur du livre Ma vie avec l’Asperger, pour expliquer sa démarche, qui vise notamment à étaler la façon dont il raisonne.

Les premiers jets de son bouquin n’étaient pourtant pas destinés aux tablettes des librairies. Sa mère, Brigitte Poirier, voulait d’abord inciter son fils, alors âgé de 16 ans, à mettre en mots ce qu’il ressentait.

L’importance des amis

Les quelques écrits d’Alexandre ont pris la poussière pendant près de 10 ans avant que l’idée ne refasse surface. Il a achevé son livre en deux ans, ce qui a mené à sa parution il y a un an, presque jour pour jour.

« L’idée, c’est d’aider ceux qui ne se connaissent pas à mieux se connaître, ou ceux qui ne comprennent pas ce que c’est Asperger de se comprendre, émet-il. Si je peux au moins aider une personne, j’aurai déjà atteint mon objectif. »

Le jeune homme donnait samedi une conférence au salon Mieux comprendre la diversité, dont il est le porte-parole. Il a notamment raconté les embûches auxquelles il a fait face durant son parcours scolaire, dont ses difficultés à se faire des amis.

« Je n’ai jamais su comment on se fait un ami. J’aimais autant m’amuser seul qu’avec d’autres personnes. Donc, que personne ne veuille jouer avec moi, ça ne me dérangeait pas tant que ça. Je n’avais pas compris l’importance d’avoir des amis et de socialiser », lance celui qui s’exprime maintenant sans complexe devant un public.

« Pour lui, c’est un genre de thérapie. Il est content d’en parler », souligne son père, Gérard Charlebois, qui est aussi l’organisateur de l’événement.

À la bonne place

Alexandre Poirier Charlebois poursuit maintenant des études universitaires en création littéraire, en plus de poursuivre la promotion de son livre et la discussion sur le syndrome d’Asperger. Après avoir longtemps cherché le bon siège, il se sent maintenant à sa place.

« J’ai trouvé la solution. C’est d’être mon propre patron ! » lance candidement l’auteur.

Le syndrome d’Asperger, qu’est-ce que c’est ?

  • Trouble envahissant du développement, c’est une forme d’autisme
  • Se manifeste le plus souvent dès l’âge de trois ans

Principales difficultés rencontrées dans :

  • les interactions sociales
  • la communication
  • la perception cognitive
  • 1,4 % de la population québécoise en serait atteinte

Sources : Fédération québécoise de l’autisme ; Autisme Montréal