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Les Olivier, comment ça fonctionne?

Pierre Hébert et Philippe Laprise, les animateurs du Gala Les Olivier 2018
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI Pierre Hébert et Philippe Laprise, les animateurs du Gala Les Olivier 2018

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Depuis lundi, avez-vous vu, lu ou entendu les nominations pour le prochain Gala Les Olivier, qui se tiendra le 9 décembre prochain? Dans le cas contraire, vous pouvez commencer ici.

C’était la grande annonce de ceux et celles qui sont soumis au vote de leurs pairs et du public pour les prochaines semaines.

Cela vous étonne que je mentionne que ce sont les pairs qui décident des gagnants? Vous ne savez pas trop comment l’un des galas les plus regardés de la télévision québécoise fonctionne?

Alors, le contenu de ce billet est pour vous.

Qui peut être mis en nomination?

Pour la plupart des catégories, à l’exception du Spectacle d’humour / meilleur vendeur de l’année et du prix Merci pour tout, ce sont les artistes (ou leur agent, gérant ou producteur) qui soumettent leur candidature.

Ainsi, pour certaines catégories, comme pour le numéro d’humour de l’année, l’Association des professionnels de l’industrie de l’humour (APIH), qui organise et coproduit le gala, peut recevoir plus de vingt candidatures.

Pour faire le tri, l’APIH fait appel à certains de ses membres et à des observateurs de l’industrie, qui ne sont liés ni de près ni de loin avec les candidatures, pour être membres de jurys.

Les jurés doivent étudier et analyser toutes les candidatures soumises dans leur catégorie propre avec rigueur et objectivité. Pour ce faire, les jurés reçoivent des indications précises et spécifiques à la catégorie qui leur est allouée auxquelles ils soumettent toutes les candidatures sous leur responsabilité.

Puis, à une date fixée à l’avance, les membres des jurys se rencontrent, débattent et discutent des candidatures. Ils en retiendront un certain nombre pour les nominations officielles.

Chaque jury est indépendant les uns des autres. Ainsi, on ne «donne» pas une nomination à un artiste X dans une catégorie Y, parce qu’on l’a mis de côté dans la catégorie Z et qu’on ne veut pas lui faire de peine. À chaque catégorie ses spécificités et à chaque catégorie ses plus méritants.

Comment est élu la ou le vainqueur de chaque catégorie?

À l’annonce des nominations, comme ce fut le cas lundi, tous les membres de l’APIH peuvent utiliser leur droit de vote et choisir leur(s) préféré(s) et préférée(s) pour chaque catégorie.

Encore une fois, on compte des exceptions : le Spectacle d’humour / meilleur vendeur de l’année, Merci pour tout, Maison de gérance ou gérant indépendant de l’année, et L’Olivier de l’année. Le premier est remis au spectacle qui a vendu le plus de billets (c’est mathématique, tout simplement), le deuxième est octroyé par les membres du conseil d’administration de l’APIH, le troisième par un jury spécialisé sans vote de l’académie, et le dernier est soumis au vote du public (et oui! vous pouvez avoir votre mot à dire!).

Est-ce que les résultats peuvent être tronqués, achetés ou trichés?

La réponse est simple : non.

Il fut une période où certains membres de l’industrie de l’humour étaient convaincus qu’ils pouvaient, entre eux, négocier les gagnants en s’échangeant les votes :

«Tu n’as pas d’artistes dans telle catégorie et moi je n’en ai pas dans telle autre. Si tu votes pour le mien, je vais voter pour le tien.»

La structure de l’évaluation est serrée et ce genre de discussions, quoiqu’encore possibles chez certaines personnes, ne se reflètera pas dans les résultats. Des garde-fous sont érigés en ce sens, notamment dans la pondération des votes provenant des jurys spécialisés versus le vote de l’académie.

Est-ce que la manière dont les Olivier fonctionnent est exceptionnelle?

Non. Son fonctionnement est similaire à plusieurs autres galas du même type dans l’industrie du divertissement.

Pour la petite histoire...

Le Gala Les Olivier fête ses vingt ans cette année.

Né en réaction au gala de l’ADISQ (car on reprochait à ce gala de ne pas rendre à l’humour les honneurs qui lui revenaient), il est une cause de jalousie chez les membres de l’industrie anglophone qui ne connaissent pas d’équivalent.

Au même titre que la musique, le théâtre, le cinéma et la télévision, Les Olivier représentent une soirée hommage à une industrie liée à l’ADN culturelle québécoise.

Gagner un Olivier est une fleur pour ses artisans (groupe qui inclut toutes et tous qui participent à l’industrie de l’humour), une marque de reconnaissance qui provient directement de ceux et celles avec qui on travaille, on communique, on expérimente, on prend des risques, on se casse les dents (parfois) et/ou on atteint des sommets.

C’est loin de se résumer à un tapis rouge.

Pour cette industrie qui se doit de demeurer extrêmement active pour conserver sa vitalité, à l’heure où les réseaux sociaux et la télévision sur demande nous offrent de l’humour 24 heures sur 24, Les Olivier sont une occasion d’encourager la saine compétition et le désir de continuellement innover.

 

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