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Les refuges pour itinérants débordent à Québec

Bloc itinérants itinérant
Photo d'archives, Agence QMI

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QUÉBEC – Avec l'arrivée du temps froid, les centres d'hébergement pour personnes en situation d'itinérance ont déjà commencé à déborder à Québec.

La maison Lauberivière à Québec est incapable de répondre à la demande. Chaque jour, les 70 lits d'urgence sont occupés et plusieurs personnes sont renvoyées dans la rue.

«C'est pas nouveau. Ça doit faire quatre ans que la pression est très forte sur le milieu communautaire. Depuis deux ans, c'est pire et encore plus cette année. On est plein tout le temps. Plusieurs intervenantes doivent même renvoyer du monde dans la rue», a expliqué l'intervenante France Gallant.

L'année dernière, Lauberivière a admis 1052 hommes et 447 femmes, soit 1499 personnes au total. En contrepartie, 1447 personnes ont été redirigées vers d'autres services, faute de place. Encore aujourd'hui, pour chaque personne admise, une autre doit être redirigée.

Stéphane Lizotte est présentement résident temporaire à Lauberivière. «Moi, je suis tombé dans la rue du jour au lendemain. Mon ex-blonde est morte, j'ai perdu mon logement, je suis tombé dans la drogue. J'ai tout dépensé mon "cash" dans la rue. Pis j'ai trouvé un refuge ici, à Lauberivière», a-t-il raconté à TVA Nouvelles.

Le jeune homme raconte que depuis deux ans, l'établissement est plein à craquer. Il explique que certains font même le choix de vivre dans la rue, puisqu'ils sont incapables de se loger dans les centres d'hébergement.

Pour ceux qui tentent de retrouver une vie plus stable, la réinsertion en société est souvent difficile. Les barrières sont nombreuses et les personnes en situation d'itinérance ont un lourd bagage à porter.

«Y'a un gars qui m'a dit un jour "pourquoi tu te trouves pas une job?" C'était le propriétaire d'un resto. Alors, le lundi d'après, je viens le voir, je lui donne mon CV, et il a ri de ma gueule. Il voulait juste me mépriser», a raconté M. Lizotte.

À Québec, la situation dans laquelle se retrouve Lauberivière n'est pas unique. Plusieurs autres centres d'hébergement débordent. L'organisatrice communautaire au Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ) tente une explication.

«C'est long avant de changer les mentalités. Pour y arriver, d'abord, il faudrait une plus grande reconnaissance des besoins spécifiques qui ne sont pas dans la norme. Il faut rejoindre les personnes qui ont des parcours de vie complètement différents de monsieur, madame Tout-le-Monde», a affirmé l'organisatrice communautaire Magalie Parent.