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Persuader les dirigeants de revenir au Québec

Une base de données de Québécois à l’étranger

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Sur le point de céder sa place à la tête de l’International Executive Search Federation (ISEF), le chasseur de têtes Normand Lebeau est plutôt fier de son arme secrète : une base de données contenant les noms de 3000 dirigeants québécois vivant à l’étranger.

Les entreprises québécoises sont de plus en plus à la recherche de talent québécois établi à l’étranger, que ce soit pour pourvoir à des postes à la tête de filiales internationales ou pour les rapatrier au Canada, souligne M. Lebeau, le président des opérations montréalaises de l’agence de recrutement de dirigeants Mandrake.

« Pour un ensemble de raisons, ça peut être difficile d’attirer du talent étranger au Québec », dit-il.

3000 curriculum vitae

Il y a le climat, mais aussi les impôts et les taxes que paient les plus riches, de même que le facteur linguistique qui entrent en ligne de compte lorsque vient le temps d’envisager un emploi au Québec, souligne M. Lebeau.

« Attirer un Américain ici, c’est difficile à cause de ça. Et de plus en plus d’entreprises valorisent d’avoir des dirigeants francophones. Pour plusieurs, trouver des francophones c’est bien, trouver des Québécois, c’est mieux. On répond à ça avec notre base de données. »

Développé au cours des 24 derniers mois avec les membres de l’IESF présents dans 18 pays, cet outil recense les noms et les curriculum vitae de près de 3000 Québécois occupant des fonctions de direction à l’international, principalement en Europe et dans les Amériques, et provenant de toutes les industries.

« Si le géant de la sécurité Garda cherche un Québécois pour occuper un poste de haute direction à l’étranger, on peut les aider avec ça. On peut facilement le mettre en contact avec cette personne. »

« Il n’y a pas des mois de recherches, on sait qui est cette personne. »

Des perceptions qui changent

Un autre facteur contribue grandement à attirer des talents ici, affirme le recruteur aguerri : la réputation internationale du Québec et de son milieu d’affaires se serait grandement améliorée au cours des dernières années.

« Les gens à qui on parle savent que depuis 24 mois environ, l’économie québécoise va bien. L’aspect économique, le climat d’affaires, n’est plus une inquiétude profonde, alors que ça a déjà été le cas. L’impression que le Québec est à la traîne, on ne la sent plus. Et ça, c’est très encourageant », conclut le président de Mandrake Groupe Conseil.