/entertainment/comedy
Navigation

Un premier spectacle convaincant pour Virginie Fortin

Virginie Fortin lors du Zoofest 2018
Photo courtoisie Après plusieurs mois de rodage et des prestations dans les festivals, dont au Zoofest cet été (photo), Virginie Fortin lançait hier à Québec son premier spectacle, Du bruit dans le cosmos.

Coup d'oeil sur cet article

Avec Virginie Fortin, le ton est aussi drôle que la blague. Son premier spectacle, Du bruit dans le cosmos, nous fait rire autant avec ses gags qu’avec le chemin qu'elle prend pour nous les livrer.

Installée encore deux soirs au Théâtre Petit Champlain, celle qu’on a connue à la télé dans un éventail de projets (SNL Québec, Trop, L’heure est grave) lançait, hier à Québec, son premier «one woman show».

En formule stand-up, Virginie Fortin passe 90 minutes debout derrière son micro à captiver le public avec ses réflexions de trentenaire, devant des petites lumières bleues suspendues, comme des étoiles. Elle porte un regard sans filtre sur des thèmes pas tellement comiques à la base, comme les sans-abris, l’argent, la surconsommation.

Elle nous avertit : on va avoir besoin de vacances après la représentation.

Avec un titre comme Du bruit dans le cosmos, Virginie Fortin commence par nous rappeler qu’on est une «petite cellule dans l’univers, dans laquelle les petites bactéries ont des cartes Inspire». Le fil conducteur de l’humoriste de 32 ans est de soulever les ironies de notre société, en imaginant comment elle expliquerait notre mode de vie à des extraterrestres.

Argent et déchets

D’abord, il est question des déchets qui envahissent la planète. «Pour les extraterrestres, on est le voisin «weird» qui a une cour à «scrap» en face de chez eux. Ils nous évitent. On est l’ermite dégueulasse du bout de la rue.»

Elle s’appuie sur des faits réels de la NASA lorsqu’elle explique qu’ils ont envoyé «le CV de la terre» dans deux sondes en 1977, au cas où elles seraient interceptées par des extraterrestres. Si on se fie à ce qu’ils ont envoyé pour nous décrire, on aime les «grilled cheese» et Beethoven.

Comment leur expliquerait-elle le système capitaliste? «Si ton but dans la vie est de devenir milliardaire, t’es malade», lance-t-elle, avant de comparer l’argent avec des toutous. Le numéro est brillant. Elle finit par ironiser sur son propre métier de comédienne, où elle est payée pour «faire semblant».

Théories décalées

À la rencontre d'extraterrestres, «qui sont peut-être juste des triangles mous», il faudrait leur définir la mode. Elle tombe dans l’autodérision lorsqu’elle confie avoir 22 camisoles dans sa garde-robe. «Savez-vous pourquoi la Chine ne nous attaque pas ? À la quantité de linge qu’ils nous font, ils pensent qu’on est plus qu’eux autres !»

Ses théories décalées sur le mot «cool» ont arraché plusieurs éclats de rire. Virginie Fortin a conclu avec son numéro sur les «féminazies», un monologue drôle mais malheureusement déjà vu, qui lui avait valu une nomination aux Olivier l’an dernier.

Virginie Fortin n’est pas comme les autres humoristes de sa génération. Aux «one liners», l’humoriste calme et posée préfère les blagues qui aboutissent au terme d'une réflexion. Ce n’est pas parce qu’on ne se tape pas sur les cuisses toutes les 30 secondes qu’elle ne sait pas frapper fort au détour d’une critique intelligente sur le monde dans lequel elle vit.

Les textes sont bien ficelés, les propos, réfléchis, et malgré la diversité des sujets abordés, tout se tient dans son vaste univers.