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Hommage à M. Gilles Vigneault!

Gilles Vigneault
Photo d'archives Gilles Vigneault

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Gilles Vigneault aura 90 ans samedi. Notre poète national, notre conscience collective, celui qui, par sa plume et sa voix, a rassemblé, toute sa vie durant...

Ça me fait tout drôle de penser que M. Vigneault atteindra l’âge vénérable de 90 ans. Collectivement, cela ne nous rajeunit pas. Pour ma part, quarantenaire, ce grand homme a toujours été là. Dans le Québec que j’ai connu, Gilles Vigneault fait office de monument, «un grand d’six pieds dans l’cœur des gens» avait écrit le parolier Mario Brault jadis.

Félix Leclerc, René Lévesque, Yvon Deschamps, ces monuments de notre culture et de notre histoire nationale.

Il y en a d’autres, des hommes, des femmes, qui ont dessiné, qui ont peint, qui ont chanté et imaginé le Québec, qui lui ont instillé fierté et audace, qui ont rêvé de lui comme d’une nation qui devrait accéder au concert des peuples libres.

Pas meilleure, ni moins méritante que les autres, tout simplement une nation qui a le droit d’aspirer à se représenter pour et par elle-même.

Ces «grands d’six pieds», ces monuments, qui durent, mais qui quittent, aussi, sans avoir eu l’honneur, de leur vivant, de voir naitre leur nation, de la voir accéder au cénacle des nations libres.

Chaque fois qu’un Louis O’Neill, qu’une Lise Payette nous quitte, c’est une pensée qui me traverse l’esprit. Encore, un pionnier, une pionnière qui n’aura pas vu l’avènement du pays.

Et je trouve ça triste. Aussi triste que l’état dans lequel se trouve le mouvement indépendantiste en ce moment.

Aussi triste que la complaisance dont jouit un fourbe comme Jean Chrétien par une caste médiatique cocu et contente de lui laisser tribune afin qu’il réécrive l’histoire et au passage, s’essuyant les pieds sur les rêves de ces monuments, mais la rendant plus conforme aux aspirations des conquérants...

Gilles Vigneault aura 90 ans samedi. Il chante toujours, et quand il le fait, il nous aide à rêver. Et pour cette nation coincée dans les limbes de son incapacité à naitre, la transmission de l’importance qu’il a eue dans l’établissement de notre culture nationale est une tâche essentielle.

Car il est aisé de comprendre que pour combattre les aspirations d’une nation qui cherche à naître, l’un des meilleurs moyens est de lui faire perdre la mémoire.

Ce à quoi on s’emploie depuis trop longtemps, ici, chez nous. Un folklore qu’on préfère tu, en attendant qu’il disparaisse...

Les conquérants ont réussi à nous faire croire qu’il y avait quelque chose de honteux, de séditieux même, dans le fait de transmettre, d’enseigner notre histoire nationale, de promouvoir notre patrimoine, notre culture, tout en lui instillant fierté et patriotisme.

Et quand je pense à M. Gilles Vigneault, c’est tout ce que nous avons de plus honorable, de plus beau à partager au monde qui me vient à l’esprit.

En l’honneur de ce monument, le moins que nous puissions faire, c’est de recommencer à rêver, à redorer le blason de notre culture, de notre patrimoine, de notre histoire.

Sans courber l’échine, sans baisser les yeux.

Car notre culture est aussi valable, aussi présentable que toute autre. À nous d’en être fiers et de la porter bien haut.