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Hologramme P.Q.?

Créer des spectacles autour de nos vedettes disparues est possible, mais onéreux

Félix Leclerc ressuscité en duo avec Catherine Major lors du spectacle d’ouverture du Festival d’été de Québec en juillet 2014.
Photo d’archives, Jean-François desGagnés Félix Leclerc ressuscité en duo avec Catherine Major lors du spectacle d’ouverture du Festival d’été de Québec en juillet 2014.

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Faire revivre Gerry Boulet, Dédé ou Alys Robi en hologramme pour un spectacle? C’est possible, disent des spécialistes consultés par Le Journal. Le Québec détient l’exper­tise, mais une telle production serait dispendieuse et difficile à rentabiliser dans un marché comme le nôtre.

Depuis que le rappeur Tupac Shakur est revenu d’entre les morts au festival de Coachella, en 2012, les projets d’hologramme s’additionnent. Récemment, la succession d’Amy Winehouse a révélé qu’une tournée mettant en vedette la défunte chanteuse était en préparation pour 2019.

ABBA va plus loin. Bien vivants, les membres du célèbre groupe planifient même de laisser leurs avatars partir en tournée à leur place pendant qu’ils resteront tranquilles à la maison.

Au Québec, l’art holographique est bien implanté. C’est la compagnie de Michel Lemieux et Victor Pilon (Lemieux Pilon 4D Art) qui fait apparaître Michael Jackson le temps d’une chanson dans le spectacle ONE, du Cirque du Soleil, à Las Vegas.

Quand le Festival d’été de Québec a imaginé un duo entre Catherine Major et Félix Leclerc pour son spectacle d’ouverture, en 2014, sur les plaines d’Abraham, il s’est tourné vers Normal Studio, de Montréal.

«On le fait depuis 1993», mentionne Michel Lemieux quand lui on demande si le Québec peut réaliser ce type de prouesse technique avec un de ses artistes décédés. Mais il y a des obstacles. Un des principaux, soulève-t-il, demeure la disponibilité d’images d’archives montrant la vedette décédée en pied.

«Lorsqu’on commence à mélanger du film existant avec de la reconstruction numérique, c’est onéreux. Pour faire Michael Jackson, nous avions un très bon budget. Dans un contexte de production québécoise, ça devient plus difficile, à moins de trouver une scène parfaite comme ce fut le cas pour Tupac», signale M. Lemieux.

Directeur général de Normal Studio, Sébastien Grenier-Cartier croit que pour être rentable, un spectacle québécois en hologramme devra pouvoir séduire un public étranger.

«On peut s’imaginer prendre cinq grands artistes québécois qui ont eu du succès en France et les mettre en mode symphonique. On pourrait peut-être aller chercher un auditoire plus général.»

«Ça urge»

Michel Lemieux aimerait pour sa part développer un projet avec des artistes vivants. Il cible notamment Diane Dufresne et Gilles Vigneault.

«Dans les deux cas, ça urge. Charlebois, ça pourrait être vraiment intéressant. Parmi les artistes décédés, je me garderais une petite gêne pour les Colocs étant donné que le Cirque du Soleil vient de faire un spectacle à Trois-Rivières.»

À l’opposé, Sébastien Grenier-Cartier verrait d’un bon œil une performance avec un Dédé en hologramme et son groupe. Encore là, il y a un bémol. «Une toune, c’est une chose, mais un spectacle complet, c’est difficile.»

Ce n’est donc pas demain la veille que vous irez revoir et entendre Gerry Boulet pendant une heure trente dans une salle de spectacles près de chez vous.