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La grève à la SAQ enrage

Les consommateurs pris de court par un débrayage surprise un vendredi soir

Ça discutait ferme vendredi devant une succursale de la rue Mont-Royal, à Montréal.
Photo Agence QMI, Marc Alain Trudeau Ça discutait ferme vendredi devant une succursale de la rue Mont-Royal, à Montréal.

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Des consommateurs venus se procurer une bouteille pour la fin de semaine se sont heurtés à des portes closes vendredi après que les 5500 employés de la SAQ eurent déclenché une grève-surprise dans toute la province.

« Ils vont finir par faire fermer la business », grognait Glen Green, devant la SAQ du marché Atwater. Autour de lui, des consommateurs dépités égrainaient un chapelet de sacres.

Sur la porte vitrée, un message renvoyait les acheteurs vers une autre succursale du centre-ville, maintenue ouverte par les cadres.

Une file d’attente de près d’un coin de rue y attendait les plus motivés. À l’entrée, un gardien de sécurité laissait passer 10 personnes à la fois.

De quoi en décourager plus d’un.

« On se croirait en Russie », a lancé un homme en tournant les talons avec colère.

Derrière lui, quelques syndiqués frappaient en rythme sur la vitrine et tentaient de sensibiliser les passants à leur cause.

Les employés de la SAQ sont sans convention collective depuis le 31 mars 2017.

Le débrayage inopiné était une réplique à « des mesures disciplinaires et des menaces », a expliqué le syndicat SEMB-SAQ (CSN).

Le Journal a révélé vendredi que le PDG de la SAQ, Alain Brunet, recevrait une indemnité de départ de 419 000 $ à la fin de son mandat.

« Ce n’est pas normal qu’un PDG de société d’État reçoive en prime une année de salaire, alors que ses employés doivent de leur côté faire la grève pour obtenir des conditions de travail décentes comme des horaires convenables », a réagi le député de Québec solidaire, Vincent Marissal.