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Quand les fantômes intérieurs surgissent

Johanne Seymour
Photo courtoisie, Michel Paquet Johanne Seymour

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Pour La beauté intérieure, son huitième roman et deuxième tome de la série Rinzen, la talentueuse Johanne Seymour propose un polar psychologique intense, dans lequel les fantômes intérieurs des uns et des autres refont surface. En écrivant, elle s’est questionnée sur la conception que tout un chacun se fait de la beauté. Est-ce quelque chose qui est en surface, ou autre chose, plus en profondeur ?

Dans cette nouvelle intrigue, les sergents Rinzen Gyatso et Luc Paradis sont propulsés au cœur d’une affaire étrange, aux multiples ramifications, lorsqu’on leur demande d’enquêter sur le meurtre d’une jeune Mexicaine.

La victime porte sur son corps des mots brûlés à la cigarette : la chica fea. La fille laide.

Autour de cette enquête, différentes intrigues se dessinent. Un ancien amoureux défiguré revient.

Le lieutenant Desautels semble avoir atteint sa limite et fait face au musée des horreurs qui habite ses pensées en permanence, ce qui inquiète beaucoup sa femme, Gisèle, et Rinzen.

Johanne Seymour maîtrise brillamment la conduite de l’intrigue et de la narration.

« Écrire, c’est toujours à recommencer : on apprend du dernier roman, on s’améliore tout le temps. C’est l’œuvre d’une vie, écrire. »

Elle explore la psychologie des personnages, développe leur intériorité, montre leur humanité, à travers l’œil de Rinzen, son héroïne d’origine tibétaine.

« Le polar devient un véhicule extraordinaire pour les problèmes qui, moi, dans la vie, me préoccupent, et que je voudrais mettre dans un roman. »

Dans ce deuxième tome de la série Rinzen, elle souhaitait mettre en opposition la beauté extérieure et la beauté intérieure.

« Chaque personne sait que la beauté intérieure va au-delà de ce que le regard perçoit. Qu’est-ce qui nous pousse à nous faire une opinion à partir de ce qu’on voit, à partir de notre conception relative de la beauté ? Je me suis demandé quelle trame je pouvais développer avec Rinzen, avec son coéquipier Luc Paradis, avec le lieutenant Desautels. »

Intrigue parallèle

Le roman contient, en parallèle, Le Destin de Rosa Parks, une nouvelle que le lieutenant Desautels écrit pour faire face aux traumatismes qui ont marqué sa longue carrière.

« J’espère que les gens vont lire ça avidement, pour les deux intrigues que je présente simultanément, mais aussi que ça les fera réfléchir sur le regard qu’on pose sur le monde, à travers notre conception de la beauté. »

Dans ce roman, Rinzen incarne davantage ce que Johanne Seymour entend par la beauté intérieure.

« C’est un personnage de lumière que j’ai voulu créer. Je ne lui donne pas tous les défauts de la planète. Je voulais mettre de la lumière dans le polar. C’est comme ça que j’ai voulu qu’elle soit bouddhiste et que son héritage tibétain soit très présent. Elle transporte ces valeurs-là, et elle cherche à regarder le monde sans jugement. »

Série en développement

Johanne travaille en ce moment sur un projet télé de 10 épisodes avec les personnages de la série Rinzen.

« On ne sait pas si ça ira en production... mais c’est en développement. Que le Québec se croise les doigts pour que ça marche... j’aimerais beaucoup ça ! »


► En librairie le 24 octobre.

► Johanne Seymour est écrivaine, comédienne, réalisatrice et scénariste­­­.

► Elle a publié cinq polars dans la série Kate McDougall et scénarisé le premier, Le Cri du Cerf, en une minisérie télé, Séquelles.

 

EXTRAIT

<b><i>Rinzen : La beauté intérieure</i></b><br />
Johanne Seymour, Éditions Libre Expression, 272 pages.
Photo courtoisie
Rinzen : La beauté intérieure
Johanne Seymour, Éditions Libre Expression, 272 pages.

« Dans l’attente des résultats de l’autopsie, ainsi que du compte rendu du porte-à-porte effectué dans le quartier Saint-Michel pour tenter de déterminer l’identité de la victime, les sergents Gyatso et Paradis en avaient profité dans les jours suivants pour finaliser les rapports négligés ces derniers temps. Ce travail fastidieux n’avait rien fait pour améliorer l’humeur de Paradis. Rinzen comprenait que l’attitude “lunettes roses” de Luc avait peut-être un lien avec sa récente rupture. »

– Johanne Seymour, Rinzen : La beauté intérieure