/misc
Navigation

Se tenir loin de Tesla

Coup d'oeil sur cet article

Q Contre toute attente, Tesla vient d’annoncer un profit. Est-ce un bon placement ?


R La réponse est simple : non. Certes, les résultats sont spectaculaires : après deux ans de bilans peinturés de rouge, Tesla annonce un résultat ajusté de 2,90 $ US par action. Mieux : le flux de trésorerie est désormais de 881 M$ US, un revirement de 1,6 milliard (G) $ US comparé au trimestre précédent. Tesla a accéléré la production de son Model 3, à 5000 par semaine, et a même annoncé qu’elle le vendrait en Europe et en Asie l’an prochain.

Par contre, des revenus de 312 M$ sur un trimestre ne justifient aucunement une capitalisation boursière de 54 milliards et un cours/bénéfice annualisé de plus de 40.

Du positif

Tesla réalise désormais une marge brute de 20 % par voiture. Le fabricant a affirmé n’avoir plus besoin d’emprunter pour rester à flot. Mieux : avec une encaisse de 3 G$ US, Tesla pourra peut-être rembourser la dette convertible de 920 M$ US due en mars. Et la demande des clients demeure forte. Le Model 3 est désormais la cinquième voiture la plus vendue aux États-Unis.

La filiale de panneaux solaires SolarCity enregistre (enfin) ses premiers résultats positifs de 881 M$ US (comparé à une perte de 740 M$ au trimestre précédent).

Du négatif

Si la trésorerie s’améliore parce que le fabricant livre davantage de voitures, les recevables augmentent moins vite. Tesla aurait ainsi livré un grand nombre d’unités à des sociétés de location qui paient lentement. De plus, Tesla perd 120 M$ par trimestre avec le service après-vente. Et la marge de profit demeure modeste face à un endettement énorme.

Le magazine Consumer Reports vient de publier que le modèle X est désormais classé par ses lecteurs « pire que la moyenne » à cause de problèmes liés à l’électronique, aux poignées et aux portes en élytre. Le Model S souffre de problèmes de suspension et de poignées. Et on attend toujours la version à 35 000 $ US...

Le patron Elon Musk continue ses frasques sur Twitter, même après qu’une entente hors cour avec la SEC prévoyait « l’encadrer » à ce chapitre. On attend toujours son successeur au poste de chef de la direction. Durant la conférence téléphonique avec les analystes, il ne savait même pas à quoi étaient attribuées les dépenses d’intérêt. Ouch !

La guerre commerciale du président Trump contre la Chine, d’où viennent des tas de pièces, pourrait faire très mal. Et on se demande comment ils vont financer l’usine chinoise promise en 2019.

Que se passerait-il s’il survenait une récession ? L’engouement actuel se maintiendrait-il envers une voiture dont le prix de vente excède les 60 000 $ US ?

Tesla a aussi annoncé avoir fait des pas de géant vers le lancement de son service de véhicules autonomes en libre-service, qui fera bientôt face à Uber et Lyft. Je me demande si les proprios d’une Tesla accepteront de la voir décoller toute seule pour transporter des inconnus, alors qu’ils sont au bureau ou à la maison...


Question à notre investisseur

►Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.