/opinion/blogs/columnists
Navigation

L'éducation, surtout pas un one man show

Periode des questions
Photo Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

– Avec la collaboration de Mathieu Bernière

«Je suis pressé de commencer, mais je n’arrive pas avec un bulldozer. Il va falloir écouter le monde – les parents, les profs, les employés de soutien, les directions d’école. Mais je suis avec François Legault depuis le début en 2011, je sais où je m’en vais. On n’arrive pas en se demandant: “Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire en éducation?” Ça va se faire. On va consulter sur la manière, mais pas sur les principes.» – Jean-François Roberge

Dans son livre de 2016, l’actuel ministre de l’Éducation affirmait que pour obtenir de meilleurs résultats en éducation, il faudra que «chacun des groupes impliqués dans le réseau scolaire mette de côté ses intérêts corporatistes pour accorder la priorité à ceux des élèves».

Un sage conseil qu’il devra lui-même se résoudre à appliquer. Le monde de l’éducation est trop souvent victime de l’idéologie des décideurs. Des gens qui n’aiment pas se faire contredire. Qui détestent confronter leurs opinions et qui affichent un profond mépris pour la science.

À ce propos, je me contenterai ici de citer longuement cette excellente réflexion de Normand Baillargeon :

«La question de l’éducation est, et je pèse mes mots, vitale. Et cet enjeu absolument fondamental devrait être abordé sans partisanerie et avec une impartialité qui ne se soucie de rien d’autre que de vérité et de justice.

Qui doit décider de ce qu’il convient de faire? 

Pas moi. Pas vous. Encore moins un groupe de pression. Pas non plus les acteurs en place et, j’ose le dire, pas même des gens qui ont le pouvoir de le faire parce qu’ils ont, cette fois-là, remporté des élections. 

Or, au Québec, l’heure n’est plus aux rapiéçages, aux idéologies, aux approximations ou à la défense d’intérêts particuliers.

L’heure est à une longue et sérieuse consultation publique menée par des personnes indépendantes éclairées par des données probantes (là où elles existent et sont pertinentes). L’heure est à ce que j’appelle une Commission Parent 2.0 examinant nos structures, nos programmes, nos idéaux et les moyens que nous sommes collectivement disposés à nous donner pour les atteindre.»

Halte au rapiéçage, place au débat

Il y a encore un énorme risque que le ministre de l’Éducation tente de livrer un combat payant dans l’opinion publique. Comment? En devenant le «bon» leader qui prend toutes les décisions «courageuses» et qui est «déterminé» à vaincre les emmerdeurs démocrates.

Plus que jamais, il est essentiel d’entamer un débat ouvert, éclairé, historique. Est-ce que monsieur Roberge osera faire preuve d’un réel courage démocratique?

Le nouveau ministre lui-même semble s’être déjà roulé les manches, mais s’attaquera-t-il pour autant au fond du problème? Aura-t-il les moyens de ses ambitions? Il est permis d’en douter.

La crainte des politiques à courte vue et des modes pédagogiques, des fausses promesses, est depuis le début une préoccupation constante d’un collectif ayant pour nom Debout pour l’école!

C’est pourquoi il s’évertue à rappeler les fondements de notre système d’éducation et la manière d’en atteindre les objectifs.

Venus de tous horizons, ses membres, forts de différentes expériences et expertises, se sont regroupés pour s’entendre sur ce que devraient être concrètement les priorités du gouvernement.

De ces échanges sont sorties sept grandes préoccupations incontournables pour améliorer le système d’éducation québécois, qui devront être entendues et débattues comme il se doit.

Une pétition

Aujourd’hui, le collectif Debout pour l’école! vous invite à signer sa pétition. La signer, c’est exiger que soient ouvertement et sérieusement reconnues les causes des échecs de notre école, et entendues les solutions nécessaires.

C’est exiger que soit fait le grand débat nécessaire pour l’avenir sans la censure qu’ont toujours imposée les considérations idéologiques et économiques propres aux ambitions politiques.

___________________________________________________

Pour l’argumentaire complet de ces revendications et pour signer la pétition, il suffit de suivre le lien suivant : Debout pour l’école!

 

POUR UNE ÉCOLE ÉQUITABLE ET DE QUALITÉ 

PÉTITION AU MINISTRE DE L’ÉDUCATION

 

1. Assurer une véritable mixité sociale et culturelle dans les écoles et dans les classes.

  • Prendre les moyens nécessaires pour assurer une plus grande hétérogénéité dans les écoles et dans les classes, en cessant toute forme de sélection fondée sur le rendement scolaire ou sur la capacité de payer des parents pour que tous les élèves puissent avoir accès aux différents programmes particuliers (arts-études, programme d’éducation internationale, etc.) offerts au primaire et au secondaire dans les écoles publiques.

2. Diminuer les ratios élèves/enseignant·e et élèves/personnel de soutien.

  • Abaisser les ratios élèves/enseignant·e au préscolaire, au primaire et au secondaire (secteur jeunes et adultes) dans toutes les classes, qui devront être plus hétérogènes, évitant ainsi la concentration des élèves ayant des difficultés particulières dans les classes régulières.
  • Réduire dans toutes les classes le nombre d’élèves handicapés ou ayant des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, pour permettre au personnel scolaire de leur offrir un soutien différencié.

  • Augmenter, lorsque c’est nécessaire, le nombre de classes d’adaptation scolaire ayant un ratio plus bas que celui des classes régulières. 

  • Appliquer des ratios élèves/personnel de soutien réalistes en fonction des domaines (service de garde, informatique, etc.) et équivalents selon les écoles.

3. Assurer des ressources professionnelles et de soutien stables et en nombre suffisant.

  • Aménager différemment la tâche du personnel de soutien et des professionnel·le·s (orthopédagogues, orthophonistes, etc.). 

  • Pour les professionnel·le·s qui interviennent auprès des élèves en difficulté: réduire le nombre d’écoles où ils travaillent; réduire le nombre d’élèves à soutenir; diminuer les tâches administratives non imposées par les professions.

4. Diminuer la précarité du corps enseignant.

  • Réduire le taux et la durée de précarité du corps enseignant, notamment en accélérant l’accès à la permanence.

5. Soutenir les enseignant·e·s débutant·e·s.

  • Soutenir les enseignant·e·s débutant·e·s en leur proposant des tâches adaptées à leur situation d’insertion professionnelle, au cours des cinq premières années.

6. Augmenter la rémunération de tous les personnels scolaires.

  • Augmenter substantiellement la rémunération de tous les personnels scolaires.

7. Lever toute entrave à la prise de parole publique.

  • Lever toute restriction du droit de parole des personnels scolaires concernant leur réalité.