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Une enseignante change la vie d’une élève handicapée

Elle lui a adressé les encouragements nécessaires pour qu’elle étudie à l’université

Mylène Viens était très fière, le 23 octobre, de tenir enfin entre ses mains le livre qu’elle a commencé à écrire il y a six ans.
Photo courtoisie, Véronique Auclair Rivard Mylène Viens était très fière, le 23 octobre, de tenir enfin entre ses mains le livre qu’elle a commencé à écrire il y a six ans.

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GATINEAU | Une femme handicapée ne serait pas ce qu’elle est devenue sans les encouragements d’une enseignante du secondaire qui n’a cessé de la motiver.

 

Mylène Viens, 24 ans, est atteinte de la dystrophie musculaire et doit se déplacer en fauteuil roulant.

À l’adolescence, elle était déjà passionnée d’écriture, mais hésitait à présenter ses textes au journal étudiant.

Son enseignante en journalisme en 4e et 5e du secondaire à la polyvalente l’Érablière de Gatineau, Marie-Claude Désilets, lui a donné des ailes avec ses encouragements.

Aujourd’hui, Mme Viens est diplômée en journalisme. Sans les mots positifs de son enseignante, elle est convaincue qu’elle ne se serait jamais rendue à l’université.

« J’avais confiance [en moi], mais elle m’a donné le coup de pouce qu’il fallait, la tape dans le dos au bon moment », a confié Mme Viens.

Elle publiera demain Pourquoi pas ? une autofiction pour contrer le jugement dans notre société, dans laquelle elle explique l’impact positif qu’a eu l’enseignante sur sa vie. Elle ne la nomme cependant pas dans l’ouvrage.

Journal étudiant

Un jour, Mme Désilets a mis la main sur un article que Mme Viens avait écrit et qu’un autre professeur avait refusé de publier, même s’il lui avait demandé de l’écrire.

L’enseignant avait plutôt choisi de le modifier à sa façon.

Mme Viens avait alors refusé qu’on publie son article. Elle préférait ne rien publier puisqu’elle trouvait que le prof avait tout fait pour que la personne handicapée qu’elle avait interviewée fasse pitié.

« Elle [Mme Désilets] l’a trouvé super bon et elle m’a demandé si elle pouvait le publier dans sa version originale. Il y en a toujours qui veulent qu’on fasse pitié en raison de notre handicap... Cette enseignante avait évalué l’article selon mes compétences et non selon mon handicap », a mentionné l’auteure.

Grâce à la publication de cet article, la femme de 24 ans a reçu le prix du meilleur texte de l’année. Ce prix est décerné par des journalistes professionnels de l’Outaouais. Cela a conforté sa décision d’étudier dans ce domaine.

« J’avais déjà la passion pour l’écriture. Mais elle m’a montré que ça se pouvait vraiment. Qu’on pouvait vraiment écrire comme métier », a dit Mme Viens.

Sans pitié

Dans son premier livre, elle révèle qu’il était hors de question qu’elle accepte que les gens la prennent en pitié. Elle souhaite que les lecteurs s’attachent au personnage principal avant tout.

Sept ans après la fin de son secondaire, l’auteure est maintenant titulaire d’un baccalauréat en communication avec une mineure en rédaction professionnelle.