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[PHOTOS] Voici 10 lieux hantés de Québec

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Beaucoup d'endroits de Québec ont été fréquentés par des esprits, gentils ou malins, et par de curieux événements dont ils ont été le théâtre.

Plusieurs en rient, d'autres en sont obsédés. Quoi qu'il en soit, des journaux, livres ou chroniques ont depuis longtemps rapporté ces faits. Ils font partie de l'histoire.

La plupart sont disparus, mais qui nous dit que leurs fantômes n'y planent pas toujours? En voici quelques exemples.

1. Bleak House

Bleak House sur la Grande Allée en 1901, Wikimedia Commons.
Bleak House sur la Grande Allée en 1901, Wikimedia Commons.

En 1782, sur la Grande Allée, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le restaurant Cosmos Café, John Craigie se fait construire une maison.

Son style austère lui vaut le surnom de Bleak House, c'est-à-dire la maison triste et morne.

Elle semble porter malheur puisque Craigie est accusé de détournement de fonds et les propriétaires subséquents ne la conservent jamais longtemps.

On finit par dire qu'elle est hantée.

Abandonnée, elle est finalement démolie en 1901.

William Price s'y fait alors construire une magnifique résidence.

Plus tard, de 1945 à 1972, on y retrouve le Club Renaissance où se réunissent les membres de l'Union nationale.

Elle existe toujours aujourd'hui.

2. Les buttes à Nepveu

La cage de la Corriveau suspendue à la croisée des chemins de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, Journal de Québec.
La cage de la Corriveau suspendue à la croisée des chemins de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, Journal de Québec.

Les buttes à Nepveu se situaient à l'endroit où se trouvent aujourd'hui l'hôtel Le Concorde et le jardin Jeanne-D'Arc.

C'est là qu'entre 1763 et 1810, avant l’ouverture de la prison de la rue Saint-Stanislas, qu’ont eu lieu les exécutions des criminels.

C’est donc à cet endroit qu’a été pendue «la Corriveau» le 18 avril 1763.

Elle avait été reconnue coupable par une cour martiale (on était alors encore sous l’occupation militaire) du meurtre de son second époux, Louis Dodier. Son esprit erre peut-être encore par-là, à moins que ce ne soit à la croisée des chemins de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy où son corps avait été suspendu à un gibet dans une cage de fer.

3. L'Auberge du Chien d'or

La maison du chien d'or en 1845 selon un plan de A. LaRue, BAnQ.
La maison du chien d'or en 1845 selon un plan de A. LaRue, BAnQ.

En 1748, à la suite d’une dispute, l’officier des troupes de la marine Pierre Le Gardeur de Repentigny blessait mortellement Nicolas Jacquin dit Philibert, marchand en vue de Québec.

Une légende veut que la veuve Philibert, demeurant inconsolable de la mort de son mari, ait juré de riposter.

Elle aurait même élevé ses enfants dans la haine de l’officier assassin et les aurait encouragés à venger un jour leur père dans son sang.

C'est dans ce contexte qu'elle aurait fait placer le bas-relief du chien d'or sur sa maison avec son inscription vengeresse : «Je suis un chien qui ronge lo \ En le rongeant je prend mon repos \ Un tems viendra qui nest pas venu \ Que je morderay qui maura mordu».

On sait qu'il s'agit d'une légende, mais elle a longtemps été l'histoire officielle.

Le bas-relief est toujours en place sur l'édifice Louis-S.-St-Laurent du passage du Chien-d'Or.

Il a fait du roman de William Kirby The Golden Dog (1877) un bestseller.

4. L'Hôtel des Postes

L'Hôtel des Postes de la haute-ville, J.F. Caron.
L'Hôtel des Postes de la haute-ville, J.F. Caron.

Le 25 octobre 1934, un crime horrible survient à l'Hôtel des Postes de la rue De Buade (auj. passage du Chien-d'Or) en haute-ville.

Rosaire Bilodeau avait été facteur de 1926 à 1932.

Il venait d'être congédié pour une question de santé.

Il se présente au bureau de poste et demande à rencontrer son ancien patron, ainsi que trois ex-collègues.

Seulement deux sont disponibles.

Ils se rencontrent dans le bureau du maître de poste.

Soudainement, il sort une arme et leur tire dessus.

Le premier succombe et les deux autres sont blessés.

Lorsque les policiers arrivent, il n'offre aucune résistance.

Auparavant, il avait attiré dans un boisé près de Saint-Thérèse-de-Laval ses deux sœurs, sa nièce et ses deux neveux, chez qui il habitait, et il les avait abattus.

Un drame comme on en voit maintenant trop souvent dans les journaux.

L'Hôtel des Postes portera longtemps le poids de ce triste souvenir.

5. La maison des Américains de Limoilou

Le chantier naval McKay et Warner en 1869 avec la «maison hantée» à gauche, tiré du livre de Réjean Lemoine, Limoilou, un quartier effervescent, GID, 2014.
Le chantier naval McKay et Warner en 1869 avec la «maison hantée» à gauche, tiré du livre de Réjean Lemoine, Limoilou, un quartier effervescent, GID, 2014.

Dans les années 1860-1870, on retrouvait sur la rive gauche de la rivière Saint-Charles, vis-à-vis l'actuelle 8e Rue, un chantier naval appartenant à deux Américains : Lauchlan McKay et Henry Warner.

Bien que la maison du chantier avait été construite vers 1813 par Charles Smith, on l'appelait la Maison des Américains.

Plusieurs la disaient hantée, non pas qu'on y ait vu des apparitions fantomatiques, mais en raison de son style austère.

Elle se trouvait au fond d'un parc abandonné.

En 1941, le folkloriste Marius Barbeau disait d'elle que ses «fenêtres étaient comme des orbites vides, et [son] sommet disparu était comme un crâne ouvert. L’œil de bouc, dans le triangle surmontant sa façade, rappelait l’œil crevé d’un cyclope».

Incendiée à la fin du XIXe siècle, elle est abandonnée puis démolie dans les années 1920.

6. La prison de la rue Saint-Stanislas

Le Morrin Centre, ancienne prison de Québec, Pierre Lahoud, 2004.
Le Morrin Centre, ancienne prison de Québec, Pierre Lahoud, 2004.

En 1712, à l'endroit où on retrouve aujourd'hui le Morrin Centre, on construisait la redoute Royale, la petite sœur de la redoute Dauphine.

En 1759, cette redoute devenait la prison publique.

En 1808, on démolissait cette vieille geôle qui cède sa place à un nouveau bâtiment plus adéquat.

La nouvelle prison sera en fonction jusqu’en 1867 alors qu'elle est déplacée sur les plaines d'Abraham.

Au-dessus de l'entrée principale de la prison de la rue Saint-Stanislas se trouvait un balcon sur lequel il y avait un gibet d'où les condamnés à mort étaient pendus.

Chaque pendaison était publique et prenait les allures d'un spectacle ... plutôt macabre.

La dernière pendaison publique à Québec a lieu en 1864.

7. La maison du docteur Douglas

Le docteur James Douglas, Morrin Centre.
Le docteur James Douglas, Morrin Centre.

Au bas de la côte de la Montagne, juste avant la courbe qui précède la rue Notre-Dame, se trouve un terrain vague.

C'est à cet endroit qu'on retrouvait l'hôtel Mountain Hill House.

Il est détruit par les flammes en 1948.

C'est là qu'entre 1833 et 1837, le docteur James Douglas avait sa résidence.

Il y donnait des cours de médecine et il y pratiquait des dissections humaines.

Un jour, Edward Worthington, un de ses élèves, raconta qu'en descendant à la cuisine, il vit un homme assis face au poêle, immobile.

Il lui parla, mais l'homme ne lui répondit pas, ni ne bougea.

Worthington le fixa du regard, prit peur, et quitta l'endroit. Il affirma qu'il était sobre lors de cet événement et qu'il s'agissait d'un fantôme.

Probablement celui d'un des morts disséqués par le docteur Douglas.

8. Le revenant de Saint-Roch

Extrait du journal Le Canadien du 12 juillet 1869, p. 2.
Extrait du journal Le Canadien du 12 juillet 1869, p. 2.

En juillet 1869, une foule de curieux, principalement des femmes, se retrouvent devant la maison du menuisier David Émond située sur la rue de l'Église à Saint-Roch.

On disait qu'un revenant avait lancé des poignées de sable toute la journée durant sur la maison et qu'il aurait également jeté du sang dans la figure et sur les bras d’une jeune fille qui étendait du linge dans la cour.

Personne n'avait rien vu, mais tout le monde avait son hypothèse.

Les esprits s'échauffèrent au point ou des policiers durent venir disperser la foule convaincue du phénomène ... dont personne n'avait été témoin.

9. Le fantôme de l'église St. Matthew

Église St. Matthew vers 1890, carte postale, BAnQ.
Église St. Matthew vers 1890, carte postale, BAnQ.

Au tournant du XXe siècle, des personnes racontaient qu'en soirée, ils avaient entendu des coups frappés dans la porte de l'église St. Matthew du faubourg Saint-Jean, occupée aujourd'hui par la bibliothèque Claire-Martin.

Le temple était pourtant fermé à cette heure tardive.

La rumeur était d'autant plus crédible qu'un des témoins était le voisin d'en face, Joseph Gilbert, cordonnier, bottier et marchand de chaussures, en affaires dans le quartier depuis plus de 35 ans.

Il s'agissait donc d'un homme digne de foi.

Le phénomène n'a jamais pu être expliqué.

Le fantôme est peut-être toujours sur place... en train de lire, installé dans un fauteuil de la bibliothèque.

10. La cathédrale Holy Trinity

La cathédrale Holy Trinity de Québec, Wikimedia Commons.
La cathédrale Holy Trinity de Québec, Wikimedia Commons.

La cathédrale Holy Trinity de la haute-ville de Québec est l'un des lieux d'enquête préférés des chasseurs de fantômes.

On raconte que l'orgue jouerait parfois de la musique sans que personne n'y prenne place.

De plus, le fantôme d'une vieille femme apparaîtrait parfois près de l'autel.

Il s'agirait d'une religieuse du nom d'Iris Dillas qui serait morte en 1830 après avoir été enterrée vivante.

Elle aurait alors souffert de narcolepsie.

La reine Élizabeth II l'aurait même aperçu lors de sa visite à Québec en 1987.

Personne ne nie ces apparitions, ni ne peut les expliquer.

Quand même troublant.

Jean-François Caron, Société historique de Québec


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