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Chevreuil: des précautions s’imposent

En prenant soin de suivre ces quelques règles toutes simples, vous augmenterez vos chances de récolter un beau cerf comme celui-ci.
Photo courtoisie En prenant soin de suivre ces quelques règles toutes simples, vous augmenterez vos chances de récolter un beau cerf comme celui-ci.

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Plus de 140 000 détenteurs de permis se lancent aux trousses des cerfs de Virginie avec leur arme à feu dès ce matin.

On estime qu’environ un amateur sur trois réussira à capturer un de ces magnifiques cervidés. Cela signifie que, bon an mal an, près de 90 000 nemrods reviennent bredouilles. De nombreux facteurs peuvent expliquer les insuccès de certains d’entre eux.

Un expert

Michel Charbonneau, de Gatineau, est un des meilleurs chasseurs de chevreuil que je connaisse. J’ai eu l’occasion de l’accompagner à quelques reprises dans la réserve faunique de Papineau-Labelle et, chaque fois, il m’a impressionné par ses connaissances, son savoir-faire et ses techniques peu conventionnelles. Ce spécialiste a bien voulu indiquer aux lecteurs du Journal une foule de petits points auxquels ils devraient porter une attention toute particulière afin que les fantômes de nos forêts ne décèlent pas leur présence. Certains vous sembleront peut-être anodins, mais ils peuvent souvent faire toute la différence.

Préparation

Avant même de penser à s’aventurer dans le bois avec une carabine, il faut bien en connaître le fonctionnement et l’avoir suffisamment utilisée au champ de tir pour être en contrôle, pour être précis et à l’aise dans différentes postures.

Retenez qu’il est primordial de chasser avec exactement le même type de munitions que vous aviez lors des ajustements de la lunette de visée. Tout changement devrait inévitablement entraîner une nouvelle séance de tir sur cible pour certifier la précision.

Il est plutôt hasardeux de se promener sur un territoire sans l’avoir arpenté au préalable. Au pire, lors d’une accalmie, prenez le temps nécessaire. Cela vous permettra de localiser les sites potentiellement productifs et de connaître ses limites afin de ne pas aller empiéter chez le voisinage.

Installez votre cache ou votre mirador en fonction des vents dominants, à au moins 100 mètres de distance de vos appâts, d’un faux grattage ou d’un endroit fréquenté par les cervidés. Si cela est déjà fait, il serait préférable de corriger la situation.

Équipement

Il est fort astucieux, selon M. Charbonneau, d’avoir en sa possession le plus d’outils de localisation possible sous forme de GPS, de boussole et de cartes afin d’avoir une vue d’ensemble du territoire et pour localiser les sites prometteurs.

Le spécialiste interrogé vous conseille d’enfiler votre habit de chasse et de vérifier s’il est bruyant ou pas. Il n’y a rien de pire qu’un pantalon qui grince au contact des branches et arbustes. Évitez aussi le satané Velcro, car il génère beaucoup trop de bruit lorsqu’on doit le séparer.

Vous auriez intérêt à favoriser des bottes de caoutchouc, car elles sont moins odorantes et leur semelle molle est moins bruyante lors de vos déplacements. Assurez-vous que vos pantalons soient par-dessus ces dernières afin d’empêcher le vacarme engendré au contact de la végétation.

Certaines sangles de carabine occasionnent des sons indésirables. Recouvrez de ruban gommé noir toutes les parties mobiles qui risquent d’engendrer du bruit.

Si vous chassez dans une tente, évitez que certains panneaux battent aux vents et n’ouvrez pas les fenêtres de part en part afin de ne pas devenir trop visible.

Afin de protéger la lentille de votre télescope, équipez-la d’un capuchon rétractable ou d’un film de plastique transparent. Vous n’aurez donc pas de mauvaises surprises en cas de pluie ou de neige.

Sur le terrain

Stationnez votre véhicule moteur à au moins un kilomètre de l’endroit où vous prévoyez chasser et abstenez-vous de claquer les portières.

Tout le monde sait qu’on doit camoufler nos odeurs corporelles, qu’on ne doit pas porter nos vêtements dans le camp ou au resto pour ne pas accumuler d’effluves, etc. Bien qu’il soit conseillé d’utiliser des leurres olfactifs naturels ou synthétiques, ne faites pas la gaffe de trop en appliquer et d’inonder votre territoire d’odeurs.

Michel ne vous suggère pas d’entrer dans le bois à la noirceur et alors risquer de repousser des chevreuils sans même les avoir vus. Dès que la lueur du jour se pointe, progressez lentement vers votre site. Si un cerf vous dévisage, agitez doucement de gauche à droite une petite guenille blanche qui imitera la queue d’un congénère. Cela devrait l’apaiser et le rassurer.

Prenez l’habitude de toujours porter des gants. Vous éviterez ainsi de déposer des odeurs sur les branches et sur vos équipements qui restent en forêt.

Même si cela est tentant, n’allez pas voir les photos de vos caméras espionnes trop souvent pour ne pas laisser de traces olfactives.

En terminant, renseignez-vous chaque jour pour connaître les heures légales et n’hésitez pas à faire appel à un conducteur de chien de sang le cas échéant.