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La nouvelle insulte

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Il y a de ces expressions qui soudainement font surface dans la langue populaire et dont on ignore pourquoi elles deviennent la saveur du mois. Des expressions qui ne veulent, dans les faits, pas dire grand-chose. Ces expressions surgissent comme une mode et ont tôt fait de nous taper sur les nerfs. La nouvelle insulte tout acabit : les donneurs de leçon.

Signe des temps

Depuis la dernière campagne électorale, on dirait que la nouvelle manière d’insulter quelqu’un, c’est de le traiter de donneur de leçon. On se souviendra que François Legault a employé cette expression à plusieurs reprises pour attaquer Philippe Couillard et qualifier son parti politique.

Évidemment, on peut se demander si l’expression était juste. Pour plusieurs, le Parti libéral a été perçu comme distant, hautain et moralisateur. L’image a collé à la peau de Philippe Couillard, contribuant au résultat qu’on connaît.

Le problème, c’est que c’est devenu la manière facile de répondre à quiconque tente de donner une explication qui le contrarie. Signe d’une époque où tout le monde se croit victime de quelque chose, même d’un débat aussi insignifiant soit-il.

Réapprendre à discuter

Le Québec s’engage sur une pente bien glissante en reprenant à tout vent l’expression « donneur de leçon ». Cette dernière coupe court à toutes les conversations pendant lesquelles il pourrait être intéressant de recadrer le sujet pour faire avancer les réflexions.

Comme si plus personne n’était capable d’admettre être dans l’erreur, pouvoir apprendre de l’autre, manquer d’écoute, avoir des préjugés ou être tout simplement moins au fait d’un sujet que son interlocuteur.

À force de cultiver la « victimite », on valorise l’ignorance et on encourage l’obscurantisme. Si ça continue comme ça, les étudiants vont déserter les classes en traitant leurs professeurs de donneurs de leçons.