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Québec s’intéresse aux robots logiciels à l’école

Le ministère de l’Éducation veut savoir comment l’intelligence artificielle pourrait aider les enseignants

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Le ministère de l’Éducation envisage le recours à des «robots logiciels» qui pourraient donner un coup de pouce aux enseignants en classe.

Québec a récemment octroyé un contrat de 35 000 $ à la firme Ernst & Young afin de «connaître les opportunités d’optimisation possible pour les enseignants du réseau», considérant les «avancées et la part grandissante de l’intelligence artificielle en milieu de travail».

Grâce à l’utilisation de «robots logiciels», des «tâches répétitives et fastidieuses» pourraient être exécutées automatiquement, ce qui donnerait plus de temps aux enseignants pour faire des activités «à valeur ajoutée», explique la porte-parole du ministère de l’Éducation, Esther Chouinard.

Ce contrat permettra au ministère d’identifier les «opportunités potentielles», de faire une analyse coûts-bénéfices ainsi que de mettre en place «les fondements d’un déploiement à plus grande échelle», explique-t-on.

Une avenue incontournable

Didier Paquelin, professeur à l’Université Laval qui s’intéresse enjeux entourant l’intelligence artificielle en éducation, se réjouit de cette démarche. L’intelligence artificielle et la robotisation représentent «une avenue possible qu’on ne peut ignorer aujourd’hui», y compris en éducation, affirme-t-il.

Des robots-logiciels permettent déjà à des élèves d’effectuer des exercices qui évoluent selon leurs réponses. «L’intelligence artificielle permet d’ajuster les questions et le contenu, tout en donnant du feed-back à l’élève en fonction de son cheminement, pour faire un suivi plus personnalisé», explique M. Paquelin.

C’est ce qu’on appelle «l’apprentissage adaptatif», ajoute Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) en éducation. L’application d’entraînement à l’orthographe Mon Coach Bescherelle, par exemple, adapte ses exercices selon le niveau de son utilisateur.

Selon M. Karsenti, la possibilité de personnaliser les apprentissages représente le plus grand avantage de l’intelligence artificielle en éducation.

La robotisation pourrait aussi permettre de faciliter la réalisation de tâches scolaires administratives, comme la prise des présences, ou corriger automatiquement certains types de travaux.

Un système de tutorat intelligent

Marc-André Girard, directeur du secteur secondaire du Collège Beaubois à Pierrefonds, croit aussi au potentiel de l’automatisation et de l’intelligence artificielle pour permettre aux enseignants d’avoir plus de temps pour aider des élèves qui en ont besoin. «C’est une quête au quotidien», lance-t-il.

Le Collège Beaubois collabore depuis plus d’un an au développement d’un système de tutorat intelligent, qui permet d’identifier les besoins de soutien des élèves et de les jumeler automatiquement à un autre élève, qui agit comme tuteur en mathématique.

«La majorité des élèves peuvent être aidés par leurs pairs», lance M. Girard.