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Recherche Joanie, Renaud et Molly désespérément

Molly de <i>XOXO</i>
Photo courtoisie, Simon Goupil Molly de XOXO

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Le succès d’une téléréalité amoureuse varie en fonction d’un certain nombre de facteurs, mais en fin de compte, un seul d’entre eux compte vraiment : sa distribution. Grâce à Renaud et Molly, Occupation double et XOXO semblent avoir trouvé leur Joanie cet automne. Mais comment y sont-elles arrivées ?

Renaud d’<i>OD Grèce</i>
Photo courtoisie
Renaud d’OD Grèce

On mentionne Joanie, parce que l’an dernier, ses frasques ont permis à OD Bali, qui avait connu un départ en dents de scie, de gagner des téléspectateurs en cours de saison. Le nom des gagnants a quitté notre subconscient depuis longtemps, mais le sien s’y est incrusté à grands coups de triangle amoureux, de rires diaboliques, de crêpages de chignons et d’accrochage au couteau de cuisine.

Tout producteur de téléréalité rêve de dénicher une pareille concurrente. La preuve ? Voici l’une des premières questions que Julie Snyder (Productions J) a posées à Valérie Dalpé, sa productrice au contenu, une fois le casting d’OD Grèce complété cet été : « C’est qui ta Joanie cette année ? »

<i>Joanie d’OD Bali</i>
Photo courtoisie
Joanie d’OD Bali

La bitch, le player...

L’élaboration de la distribution d’une émission comme Occupation double, L’amour est dans le pré et XOXO est loin d’être une science exacte, nous indiquent les experts. Les producteurs n’arrivent pas aux auditions munis d’une feuille avec des cases à cocher : la bitch, le player, la fille de party, le mauvais garçon... « C’est beaucoup moins cartésien qu’on pense », révèle Nicolas Lemay, concepteur et producteur au contenu de XOXO.

Pour résumer les raisons qui font qu’un candidat est sélectionné ou rejeté aux auditions, Nicolas Lemay emprunte un vocabulaire propre aux téléréalités amoureuses et parle de « coups de cœur ». Mais en creusant un peu plus, on dénote deux critères principaux : la personnalité et – bien entendu – la beauté.

« On ne peut pas passer à côté, soutient Nicolas Lemay. Ça reste un show de dating. Si les filles ne plaisent pas aux gars et vice versa, on est cuits. On doit prendre des gens qui peuvent se plaire entre eux. »

« Ça me fait capoter quand on attaque la téléréalité sur l’apparence des participants, poursuit le concepteur. La télé québécoise, ce n’est que ça. Les filles et les gars dans les séries sont tous cutes. Ce n’est pas un hasard. Quand il y a plein de filles qui disent qu’elles n’ont pas de rôles parce qu’elles n’ont pas le look, pourquoi tu prends Julie Le Breton dans une série, pour l’enlaidir (Victor Lessard) ? C’est pour faire la promo, la couverture des magazines, les talk-shows... »

Pression énorme

Sachant qu’une poignée de candidats peut faire la différence entre un fiasco et une réussite, la pression entourant les responsables du casting est énorme en début de projet. « Les semaines avant d’entrer en ondes sont difficiles, déclare Valérie Dalpé. Je ne dors plus. Est-ce qu’on a fait le bon choix ? Est-ce qu’on change telle personne ? Ces questions m’obsèdent. »

De plus en plus complexe

Le rôle de sélectionneur s’est drôlement complexifié au fil des années. En 2018, les candidats savent exactement quoi dire en audition pour maximiser leurs chances d’être repêchés.

«Quand Loft Story est apparu, les gens se lançaient dans l’inconnu, raconte Nicolas Lemay. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ils sont des professionnels des téléréalités. Il faut être capable de déceler le vrai du faux, ce qui est sincère ou pas... comme quand une fille dit «Moi, je suis extravertie», alors qu’on voit bien que c’est n’importe quoi. Les gens savent qu’on a besoin d’un minimum d’extravertis, parce qu’avec un casting de gens renfermés qui ne disent pas ce qu’ils pensent, on n’ira pas loin.»

«Il y a beaucoup de clichés qui reviennent en audition, ajoute Valérie Dalpé. Les candidats veulent nous montrer qu’ils peuvent faire le show. On prend ceux qui sonnent plus vrai.»    

Un cas à part

L’amour est dans le pré fait un peu figure d’ovni au royaume d’OD et compagnie, explique son producteur, Martin Métivier d’Attraction Images. L’émission, qui n’offre aucun « grand prix final » (argent, maison, voyage ou voiture), comporte un processus d’audition unique, en raison du type pointu de célibataires qu’elle recherche : des agriculteurs. Contrairement aux autres rendez-vous du genre, et puisqu’elle se targue d’avoir fondé plusieurs familles, la série écarte d’emblée des candidats qui feraient saliver d’autres productions.

« Quand ils nous disent qu’ils vont faire un bon show, c’est un turn off pour nous autres, soutient M. Métivier. On cherche des fermiers célibataires qui sont sérieux à propos de trouver l’amour. »