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Bernard Landry: Comme on n’en fait plus

Bernard Landry
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Le premier ministre Bernard Landry vient de mourir. Avec lui s’envole l’une des figures les plus marquantes de la politique québécoise des dernières années.
 
Érudit, convaincu, éloquent, parfois bouillant, Bernard Landry a consacré une immense partie de sa vie active à porter le projet d’un Québec indépendant. Sa contribution à la vie politique québécoise est inestimable.
 
La fin d’une époque
 
Le décès de Bernard Landry marque la fin d’une époque. Celle de la dualité indépendantisme - fédéralisme, mais aussi celle des convictions inébranlables et des allégeances tatouées sur le cœur.
 
Les historiens se chargeront de tracer le bilan de ses réalisations et ne manqueront pas de rappeler les grands pans de sa vie politique. Notamment, on soulignera la signature de la Paix des braves, l’atteinte du déficit zéro et un engagement envers la cause indépendantiste qui ne s’est jamais démenti, même après la fin de sa carrière politique.
 
Bernard Landry aura aussi fait partie d’une génération de politiciens dont l’érudition et la culture générale n’avaient d’égales que la maîtrise de la joute oratoire et la compréhension des jeux de pouvoir qui font de la politique active un art beaucoup plus qu’un métier.
 
Un grand vide
 
Alors que le Parti québécois entame une réflexion approfondie à propos de son avenir, la perte d’une figure aussi importante que Bernard Landry nous rappelle combien notre perception des partis passe surtout par ceux qui en portent le message.
 
Dur coup pour une formation politique blessée, le décès de Bernard Landry pourra servir de moteur ou de frein à la nécessaire refonte du PQ. Celui qui n’a jamais douté de la capacité du Québec à s’émanciper, à s’épanouir comme pays et à se comparer avantageusement aux différents États partout dans le monde n’aura jamais réalisé son rêve.
 
Le décès d’un premier ministre, même lorsqu’il n’est plus en exercice, marque toujours un temps d’arrêt dans le paysage politique. Au fil des prochains jours, les portraits de monsieur Landry seront nombreux et nous aurons tous à nous interroger sur la politique qu’il faisait et celle que nous souhaitons pour le Québec de demain. 
 
Nous prendrons le temps de repenser aux sacrifices consentis par un père trop souvent absent, par un homme tracassé par le destin de ceux qu’il gouverne, mais aussi aux moments marquants d’une carrière exceptionnelle. 
 
Bernard Landry avait à la fois un regard économique et sociologique sur le Québec qu’il aimait tant. Pédagogue, proche de la jeunesse, il a continué de partager sa passion pour la politique et pour les Québécois jusqu’à la toute fin de sa vie. 
 
Aujourd’hui, le Québec perd une figure essentielle de son histoire politique. Quelles que soient nos allégeances, nous sommes tous en deuil.
 
Merci monsieur Landry.