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Entreprenariat: des progrès majeurs depuis 10 ans au Québec grâce aux femmes

Caroline Saulnier est présidente et fondatrice de Synetik, à Joliette. La firme est spécialisée dans la conception et la fabrication d’équipements ergonomiques. Mme Saulnier remarque qu’il y a un plus grand nombre de femmes dans le milieu des affaires.
Photo courtoisie Caroline Saulnier est présidente et fondatrice de Synetik, à Joliette. La firme est spécialisée dans la conception et la fabrication d’équipements ergonomiques. Mme Saulnier remarque qu’il y a un plus grand nombre de femmes dans le milieu des affaires.

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Avec 41 % de femmes propriétaires de leur entreprise, le Québec se démarque par rapport à la moyenne canadienne, qui s’élève à 30 %, selon l’Indice entrepreneurial, dévoilé aujourd’hui.

L’entrepreneuriat continue de progresser chez les femmes et les immigrants, mais connaît une légère baisse du côté des hommes (voir tableau).

«On se positionne vraiment avantageusement, même mieux que la majorité des pays au niveau de notre entrepreneuriat féminin», souligne Rina Marchand, directrice principale, Contenus et innovation, pour la Fondation de l’entrepreneurship et coauteure de l’Indice.

Cette année, l’Indice entrepreneurial québécois souligne ses dix ans.

Avec le recul, on ne peut que constater les progrès qui ont été réalisés depuis son lancement.

Les «intentions» de démarrer une entreprise chez les hommes et les femmes sont passées de 7 % à 19,5 % de 2009 à 2018.

Le pourcentage de personnes engagées dans des «démarches» a plus que triplé pour s’établir à 9 %.

«C’est assez exceptionnel, mais, il y a toujours un mais, cela demeure fragile et il faut continuer à travailler là-dessus», ajoute Mme Marchand.

Surmonter les défis

Lorsqu’elle a fondé Synetik en 2004, Caroline Saulnier, a dû affronter le défi de gérer une usine manufacturière composée principalement d’hommes.

«Au début, quand je rencontrais des dirigeants d’entreprises aux États-Unis, ils me demandaient où était le patron», relate Mme Saulnier qui avait 24 ans à l’époque.

Le président et cofondateur de la société AddÉnergie, Louis Tremblay, observe lui aussi un engouement sans précédent pour l’entrepreneuriat au Québec et il s’en réjouit.

«Avant, on voyait le succès comme un problème au Québec, avec jalousie. Aujourd’hui, on valorise beaucoup plus les gens qui se lancent en affaires. Je pense qu’il y a une culture qui est en train de changer», dit-il.

L’Indice entrepreneurial, présenté par la Caisse de dépôt et placement du Québec, en collaboration avec ses partenaires, a été établi d’après un sondage web réalisé par la firme Léger auprès de 2606 répondants au Québec, du 16 mai au 6 juin 2018.

Même si les perspectives sont encourageantes, il reste que le taux de fermetures d’entreprises a doublé depuis 2009, en passant de 6 % à 12,5 %.

«Dans la dernière année, 44 % des fermetures ont eu lieu chez les 18 à 34 ans. Ce n’est pas banal. Cela rappelle qu’ils ont besoin d’être accompagnés. La fougue de la jeunesse a peut-être aussi besoin d’un peu de sagesse», ajoute Rina Marchand en terminant.


Évolution des taux d’intention de démarrer une entreprise, selon le sexe au Québec (2009 à 2018)

► Chez les hommes :

2009 : 8,7 %

2013 : 18,9 %

2016 : 25,9 %

2017 : 25,7 %

2018 : 21,9 %

► Chez les femmes :

2009 : 5,4 %

2013 : 10,8 %

2016 16,3 %

2017 : 16,7 %

2018 : 17,1 %

Source Indice entrepreneurial québécois