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La maladie du cerf fou importune le père Noël

Les «rennes» ne peuvent sortir et il perdra 40 000 $ de revenus

Serge Michaud (à droite sur la photo) en compagnie de son fils Jonathan Michaude et l’un de ses cerfs, durant la parade de Noël à Rivière-du-Loup, en novembre 2017, avant que la maladie ne frappe.
Photo d’archives, Stéphanie Gendron Serge Michaud (à droite sur la photo) en compagnie de son fils Jonathan Michaude et l’un de ses cerfs, durant la parade de Noël à Rivière-du-Loup, en novembre 2017, avant que la maladie ne frappe.

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Le père Noël devra se passer de ses « rennes » lors du temps des Fêtes au Québec puisqu’ils ne peuvent plus sortir de leur enclos en raison de la maladie du cerf fou.

Serge Michaud promène Rudolph 1 et Rudolph 2 partout au Québec afin de rendre les parades et les prises de photos de Noël plus réalistes.

Il est le seul au Québec à sa connaissance à offrir ce service avec deux cerfs rouges achetés aux États-Unis il y a neuf et six ans.

Il s’attend à perdre 40 000 $ de revenus parce qu’il lui sera impossible cette année de les sortir de leurs enclos. Ils sont situés à Oka, à 78 kilomètres de l’entreprise Harpur Farms, où trois bêtes y ont été testées positives depuis septembre à la maladie débilitante chronique du cervidé.

Il s’agit d’une variante de la maladie de la vache folle qui tue les bêtes atteintes en quelques années.

La maladie est très contagieuse et Québec fait tout pour qu’elle ne se transmette pas aux troupeaux sauvages. Le MAPAQ a ordonné d’abattre les 3000 bêtes des cerfs Boileau.

M. Michaud a appris vendredi que le ministère de l’Agriculture refuse que ses deux cervidés sortent de leur enclos par crainte qu’ils propagent la maladie très résistante, s’ils étaient porteurs, ce que l’on ignore. Il se préparait alors à se rendre à Rivière-du-Loup, où s’est déroulé un défilé de Noël samedi.

Seulement pour l’abattoir

« Quand j’ai appelé vendredi matin, les deux bras m’ont tombé. Pour éviter que ça soit transmis auprès des animaux sauvages, ils n’émettent aucun permis à part si c’est pour se rendre à l’abattoir », dit Serge Michaud, d’Oka.

À moins d’une dérogation, les « rennes » de M. Michaud ne participeront pas aux 41 événements prévus pour la période des Fêtes. Parades, dépouillements d’arbres de Noël, séances photo dans des marchés de Noël, événements dans des centres commerciaux, lancements de produits, tout se fera sans ses cerfs.

Pas de films

Les animaux ne pourront pas non plus jouer dans des films jusqu’à nouvel ordre, comme ce fut le cas pour le dernier X-Men. Ils ne doivent pas quitter leur enclos.

« Ça me fait mal au cœur. Oui, il y a un côté monétaire, mais tout le travail qui a été fait, il va y avoir une grosse déception. Je n’ai pas le choix. J’attends que ça se règle », dit-il, ajoutant comprendre la situation.

Les cerfs vivent dans un enclos où il y a une double clôture pour qu’ils n’aient pas de contact avec les animaux sauvages.

« Le biologiste me dit que ça peut venir des fientes des oiseaux sauvages qui sont allés dans le fumier d’un animal contaminé », dit M. Michaud.