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Le chauffard n’aurait jamais dû conduire

Il est accusé de conduite dangereuse mortelle

La voiture des victimes a été percutée de plein fouet. 
Photo courtoisie de la cour La voiture des victimes a été percutée de plein fouet. 

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Un chauffard qui aurait provoqué un face à face, ayant tué une ado et blessé gravement sa mère, après s’être endormi au volant aurait dû s’abstenir de conduire, a plaidé la Couronne mardi.

« Une personne raisonnable aurait perçu le risque de tomber endormi au volant. [...] Les mesures à prendre étaient relativement simples : il fallait qu’il dorme ou qu’il se fasse conduire par quelqu’un d’autre », a martelé Me Hélène Langis.

La procureure a tenté de convaincre le juge Bertrand St-Arnaud que Réal Gagné devrait être déclaré coupable de conduite dangereuse mortelle et ayant causé des lésions.

L’homme de 50 ans a déjà été acquitté des autres chefs de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort et des blessures graves, au terme de son procès, mardi, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Le 28 juillet 2015, Gagné circulait sur l’autoroute 530 est lorsqu’il a dévié subitement de sa voie pour aller percuter de plein fouet une voiture roulant en sens inverse.

Aucune chance

L’adolescente de 16 ans qui était au volant n’a eu aucune chance alors que sa mère, Brigitte Lefebvre, a subi de graves blessures. Amélie Lefebvre est décédée le lendemain dans un hôpital de Montréal.

Amélie Lefebvre
Photo courtoisie de la famille
Amélie Lefebvre

Deux témoins de la scène ont affirmé avoir vu l’accusé louvoyer à deux reprises avant la collision fatale.

Gagné, qui a témoigné pour sa défense, a soutenu n’avoir aucun souvenir des secondes précédant le violent impact.

Il croit s’être endormi au volant, lui qui n’avait presque pas fermé l’œil la veille, en plus d’avoir travaillé durant 18 heures.

Il n’avait pas compris

Quelques heures avant le face à face, l’accusé avait percuté un parapet de l’autoroute en rentrant du boulot.

« M. Gagné a eu un avertissement en frappant le garde-fou », a illustré la Couronne.

Mais plutôt que de se reposer en arrivant chez lui, il a repris la route pour aller défaire un quai chez son propriétaire.

« Il aurait aimé se coucher, mais il avait une obligation : il devait aller travailler », a souligné Me Alexandre Dubé, de la défense.

Pour l’avocat, son client n’avait pas un « état d’esprit blâmable » en reprenant le volant de son véhicule.

« Il n’y avait pas de conduite erratique avant les bifurcations, pas d’excès de vitesse, pas d’idées suicidaires », a détaillé Me Dubé, réclamant l’acquittement.


Le juge rendra son verdict en janvier.